Rugby sHop
8 mars 2019

Trop cônes

Le rugby est un sport de lecture. La lecture (de mes papiers) est aussi un sport, je vous le concède. L’œil est donc un outil de premier ordre dans notre sport. Cette vérité concerne le joueur « jouant » mais aussi le dirigeant « dirigeant ». Le nerf optique donnant quelques infos au cerveau, penchons nous sur ce mécanisme qui traduit ce que nous voyons, plus tard, en action. Ou pas.
Allez hop, blouse blanche, et d’un œil rieur, jouons à l’ophtalmo en tentant de voir l’invisible et pourquoi pas toucher quelques intouchables …

 

Trop cônes

De mes souvenirs de médecine (par « médecine » lisez « chambre d’hôpital »), il me revient à la mémoire quelques vagues notions très … floues certes, mais qui pourraient … éclairer certaines de nos lanternes qui ne nous font pas voir que du beau. Y compris et surtout au haut niveau.

 

Star is borgne

Pour faire simple, voire grossier, voici le postulat de base : la rétine contient des cellules nerveuses qui communiquent au cerveau ce que ces photorécepteurs « voient ». Ces cellules se nomment :
– cônes : ceux-ci sont sensibles à la couleur et ont besoin de beaucoup de lumière.
– bâtonnets : eux sont sensibles à la lumière et n’ont pas besoin de beaucoup de luminosité.
Réalisez l’expérience, la nuit (le jour c’est plus difficile), de fixer une étoile. Au bout d’un moment, vous ne la voyez plus. En regardant juste à côté, elle vous apparait à nouveau sous les effets successifs de la mise en action des cônes puis des bâtonnets. Puisque je vous entends vous poser la question, je vous y réponds : oui, sur un terrain, parfois c’est pareil, la star n’est pas celle qu’on croit et très souvent, l’étoile, sans les autres, semble bien boiteuse ou borgne. Heureusement in fine …
Vous êtes encore là ? Parce que c’est maintenant que tout devient ovale …

 

Fovéa à Toulon ?

Dans le monde du sport de haut niveau (je ne parle pas -que- du PSG), les stars, les étoiles, sont censées, en constellation, faire briller au firmament les clubs fournis à profusion.
Dans une métaphore purement sportive visant les clubs à très gros budgets et pressés d’obtenir des titres, j’émets des hypothèses :
– Les cônes ne sont-ils pas à l’origine du manque de discernement des clubs argentés qui ne pensent qu’à briller, briller avec beaucoup « de lumières » ?
– Ces bâtonnets qui aident tant à lire les vraies couleurs, très sensibles, ne représentent-ils pas la vision la plus adéquate de ce que doit être un club ?
A ce sujet, coupons court à la rumeur : « Fovéa » n’est pas la prochaine star fidjienne de Toulon. La fovéa est juste la région du fond de l’œil qui nous permet de voir avec netteté et précision. Cette netteté et cette précision qui seraientt de nature à faire les bons choix. En termes de politique de club, de recrutement par exemple.
On dit les bâtonnets sensibles à toutes radiations lumineuses visibles : sensibilité très forte (comme on parlerait d’un affect hyper développé …) et capable d’une vision à très basse luminosité et en noir et blanc (une certaine forme d’authenticité en quelque sorte …).

Avec moins d’effet des cônes, les gens vrais de rugby pourraient tendre avec les bâtonnets, pour se faire battre peut-être (encore que …), mais au moins avec les vraies couleurs du rugby …
Ainsi, avec plus de bâtonnets sensibles et un peu moins de cônes, on pourrait faire mieux que de se payer les étoiles : on pourrait se les construire. Et rêver des nôtres …

Miga Latapi

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