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21 juin 2019

Pop

Et un palindrome en rouge et noir, un ! Je voulais faire l’Américain et j’ai failli titrer  » radar » mais c’était trop limitant et sans vitesse. « Été » était bien mais pas assez fleuri et trop tourné vers le passé. C’était trop tard pour « tôt » et trop beau pour « rêver ». Et puis « Pop » c’est … « pop » non ?… Bref, Le Stade Toulousain vient de remporter son 20ème Brennus. Un vrai phénomène de société con !! Le Toulousain  a ceci de singulier qu’il est vantard, qu’il exagère un brin dès lors qu’il baigne entre victoires étincelantes et réussite absolue. On le comprendrait presque putain con ! Peut-on évoquer la dimension … populaire de son succès, à force  de –bons- rebonds capricieux, qui iraient jusqu’à déborder du monde ovale ?  

 

Ainsi, si on dit de la culture pop qu’elle est de nature à influencer les individus jusque dans leur manière de se comporter, je ne sais pas si ce Stade Toulousain-là n’est pas hyper pop. Tout doux Bijou, on ne parle là que de rugby ! Vraiment ? Fouillons ce qui se cache derrière les appuis de Kolbe, les crocs de Cros ou encore le bras de Mauvaka !

 

Pop

 

On peut aimer le Stade Toulousain. Ou le détester. Le fait est qu’avec le changement de gouvernance et l’arrivée de Didier Lacroix, on peut parler de pari gagnant au-delà même des résultats. Le titre de champion ne fait que valider la méthode. Car il y a le jeu historique du club et l’état d’esprit du club. Relevons 5 éléments qui marquent une singularité forte et une vraie différence avec un passé assez récent.

 

L’adhésion au jeu

Il se dit que le Stade ne jouait plus à la toulousaine ces dernières années. Pas si faux. Le phénomène le plus flagrant réside dans la volonté « de faire » sur n’importe quel endroit du terrain, quel que soit le joueur. On a l’impression que la notion de poste importe moins, que la notion de rôle sur l’instant est dictée par un référentiel où le sentiment d’initiative prédomine : « c’est jouable ? Alors jouons-le ! ». Peu importe l’endroit du terrain. Et le jeu sans ballon devient la clé : tout se passe avant, avec, dans le replacement offensif, la volonté de faire et faire encore. Et si possible debout ! Cette adhésion à ces principes d’attaque influence l’implication défensive qui, sur cette finale, aura été prépondérante.

 

La confiance aux jeunes

Il n’est pas loin le temps où le Stade récupérait des joueurs chevronnés qui étaient déjà estampillés « stars » sans regarder « en stock » s’il y avait du potentiel à façonner. Aujourd’hui, faire jouer les Marchand, Mauvaka, Cros, Ntamack, Tolofua, Aldegheri, Bonneval, Neti, Verhaeghe, c’est aussi faire jouer des joueurs titrés, mais titrés dans les équipes de jeunes du Stade ! Et ça c’est pop !

 

La présence des anciens

Sur les postes à responsabilité, c’est le même process : Thomas Castaignède Jérôme Cazalbou, Régis Sonnes, Jean Bouilhou, Clément Poitrenaud, Émile Ntamack, Christophe Guiter, en plus de Michel Marfaing et d’autres éducateurs historiques, à l’instar de Sam Lacombe ou encore Joël Dupuy par exemple, c’est l’assurance d’avancer en confiance avec des mecs qui ont la fibre ! Plus pop, y a pas …

 

La communion avec le public et les autres franges du club

La victoire entraîne le monde. Et c’est vrai que les Toulousains font corps avec leur public. Le mode de fonctionnement est plus en empathie avec le peuple rouge et noir. De plus, la présence des joueurs lors des après matchs crée un lien plus fort, une proximité qui sert la cause. Les petit déj avec les différents encadrements des équipes aussi favorisent la dimension club à tous les étages. L’implication dans les équipes de jeunes devient un socle supplémentaire ! Si c’est pas pop ça !

 

Un recrutement adapté

Les plus-values s’appellent Kolbe, Elstadt, Ahki ou encore Dupont et Arnold. Pas spécialement des super stars à 800 sélections quand ils arrivent à Matabiau (ok c’est la gare et ils n’ont pas dû arriver en bus, mais si je dis Blagnac ça porte à confusion …). Ce pari d’un recrutement adapté a fonctionné. Et à la remarque « et Kaino ? » je rétorquerai que ce joueur est d’une telle humilité que son profil d’Homme, humble mais respecté, a collé avec les besoins du moment et les vérités de ce groupe si jeune. Pas plus pop comme recrue …

 

On dit du statut d’icône pop qu’elle est reconnue et même célébrée dans des endroits qui ne sont pas la source originelle du statut de célébrité. Albert Einstein, le physicien, existe en bandes dessinées, sur des tee-shirts ou encore des cartes de vœux et bien d’autres contextes. Idem pour Mozart ou La Joconde.

Parler ainsi du Stade Toulousain ou de n’importe lequel de ses joueurs est de l’ordre de la gaudriole. En revanche, reconnaître que le Stade redevient le Stade en restant lui-même et aussi avec les siens, ça devrait en inspirer plus d’un ! A tous les niveaux.

Pour sûr c’est Pop, hautain non, mais juste humble et vrai ça oui.

 

 

                                                                                                                                                     Miga Latapi

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