Rugby sHop
27 décembre 2018

Oh que noooon …

Ce n’est pas vraiment un conte de Noël. Ce n’est pas non plus une leçon de rugby. C’est un peu romancé et pourtant si vrai.
On disait «poussins » et pas encore « U10 » et les ballons sentaient vraiment le cuir.
Venez, ces mots sont juste une photo, en sépia, jaunie, vieillie. Ou hors du temps, or du temps …
Venez, et cherchez bien, sur cette photo, vous y êtes je crois !

Un jour, on a tous 8 ans. 8 ans c’est bien. 8 ans … Maintenant que j’ai 8 ans et quelques mois de plus je me souviens …

 

Oh que noooon …

 

Un jour, j’étais petit, j’avais 8 ans. Non, 8 ans et demi je crois, ben comme mon cousin il jouait au rugby et moi que je jouais au foot … Oh que oui ! C’était à Savenès, même que dans les vestiaires on chantait comme des fous : « Savenès, Savenès, Savenès : but ! But ! But ! » Oh que oui !

Donc comme mon cousin il jouait au rugby de là qu’on habitait, bé je suis t’allé jouer avec lui. On rigolait, on se jetait de la boue dessus même qu’on se faisait engueuler deux fois : une fois par Pierrot notre entraineur pendant et une fois après par ma mère. Je le savais avant mais comme on se marrait bien, ça valait bien la double lame. Peut-être que c’est à force de prendre des doubles lames là que j’ai décidé, tôt, de me laisser pousser la barbe …

 

Le sandwich de Patrice …

Des fois on gagnait et des fois on perdait mais dans le bus, on gagnait toujours ! Mon premier souvenir de bus, c’est quand j’ai mangé le sandwich à la saucisse de Patrice : c’est quand même con comme souvenir de rugby mais c’est peut-être pour ça que je ne suis plus jamais arrivé à dissocier le jeu du jeu.

Je dis le jeu du jeu parce que y en a encore qui pensent que le rugby ne dure que le temps du match ou de l’entraînement : oh que noooon ! Ceussss qui pensent ça ils ont rien compris du tout, on joue certes pour ce que le rugby procure de sensations fortes à avancer ensemble, de vérités par le collectif. Mais on joue au moins autant pour les émotions de vestiaires d’avant match et les petits débordements peu cadrés des 3èmes mi-temps.

« En revenant de Paris … »

D’ailleurs, mon deuxième souvenir de rugby, c’est des chansons. C’est fou comme à 8 ans, la mémoire est déjà sélective et choisit de bloquer sur La Fontaine et de prioriser sur la chorale ovale du samedi ! La première qui me vient à l’esprit avait pour titre « en revenant de Paris chez ma tante ». C’est l’histoire d’un gars qui revient de Paris voir de la famille à la capitale. Ça raconte de façon romantique comment le mec fait la connaissance de jeunes de son âge et comment ils échangent et se trouvent rapidement des atomes crochus, très crochus … Une histoire d’amours passionnelles en somme. Même qu’il y a des grands qui chantaient une version plus osée dont les paroles vrillaient vers du « en revenant de palucher ma tante »  mais je n’ai jamais pu la chanter. D’abord parce que je trouvais ça un peu grossier et en plus, en entendant les paroles tout en pensant à mes tantes, ça me devenait insupportable !

 

Des trous et des bosses  

En ces périodes de fêtes et de joies partagées, j’aime à me souvenir des miennes. On parle là de fêtes de rugby hebdomadaires qui rythmaient notre semaine et finalement notre existence. On attendait le samedi comme le jour providentiel où on allait avec les potes jouer notre vie. Jouer sur des terrains plein de trous à se faire plein de bosses. Ou l’inverse. Et toujours contre des ennemis jurés venant de contrées lointaines, sauvages et inconnues, de Villemur, de Montech ou de Blagnac parfois distantes de … 25 km ! Faut quand même être cons … Mais pas tant que ça in fine. Sans faire le vieux con … bon, si un peu quand même,  ces moments d’insouciance liés à l’enfance deviendront le socle d’amitiés fortes et vraies. Sous des aspects futiles et joués, notre engagement de gamins, de pote à pote, deviendra plus tard celui des adultes que nous serons devenus. Et on fera « de semblant » de se la jouer « d’Homme à Homme » alors qu’au fond…

 

Demain ou après-demain je vous raconterai comment, adolescents, nos annonces en touche étaient baptisées du prénom de nos fiancées du moment (ce qui n’allait pas sans poser problème : « il a annoncé Lucie ? Mais il n’est pas plus avec elle, ils ont cassé ! On s’en fout, jette on verra bien ! »). Comment nous allions aussi passer des heures et des heures dans ce café à … ne rien faire. Ne rien faire, mais ensemble. Ensemble à attendre le samedi à venir où nous devenions les héros de nos vies …

Oh que ouiiiiiiiiiiiii !

 

Miga Latapi

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