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30 novembre 2018

Murphy !

Vous la connaissez cette image du mec qui touche le fond de la piscine ? Bon ben imaginez-nous tous, ensemble, avec notre terrain au fond de l’eau. On n’est pas morts ? Alors il ne peut nous arriver qu’une chose : qu’on remonte tè ! Pas question néanmoins de tout de suite crier « Euréka ! » sur tous les toits -couverts de nouveaux terrains modernes. Ni associer Archimède et Murphy en seconde ligne. Mais à défaut d’être exceptionnel en « une poussée » à en réaliser des prouesses de nageuses synchronisées, gardons espoir. Et ce même si le mal est profond et même si long sera le temps de guérison.  Priorisons donc sur l’état d’esprit : Soyons optimistes, ça use moins de muscles et c’est moins énergivore, restons positifs et engagés.

Le fiel, même sucré, c’est dégueulasse et ça ne sert à rien … 

 

La loi dite de l’emmerdement maximum. Oui, voilà vers où mon esprit m’a mené et perdu alors que je divaguais en pensées ovales toutes plus tristes les unes que les autres. Cette loi se définit à quelque chose près comme la théorie qui dit qu’un emmerdement suivant un autre emmerdement est souvent plus ennuyeux que s’il était seul. La somme de ces deux emmerdements tendant vers une courbe exponentielle. L’histoire de la biscotte qui tombe du côté beurré, la cuillère entière dans le pot de confiture, un nul contre le Japon, une rouste chez les Blacks, une courte défaite contre les Sud’Af puis une défaite à Paris contre les Fidji, ce genre de choses en fait … Ok, ok, d’accord. On va se relever oui ou quoi ?!

 

Murphy !

 

Je ne vous fais pas de dessin de peur de casser ma -mauvaise- mine mais l’heure est au désespoir. La tournée d’automne, on devrait dorénavant la faire au printemps, au moins il fera beau ! Notre championnat d’hiver pas flamboyant, on peut le rendre enjoué et spectaculaire avec une priorité qui n’a pas la nationalité sud africaine ! Les écoles de rugby en perte d’effectif, c’est une passade qui va passer ! Mais on n’a pas le temps.

 

Vite, de l’engagement ! Pour les autres …

Le sens de l’engagement individuel au service du collectif : il y a quoi de plus important que ça ?! Un ponte d’un sport plus que cousin avec le nôtre « m’écrivait » il n’y a pas si longtemps une vérité plus qu’analogue en ces mots : « C’est un devoir de mémoire autour du partage et de la loyauté pour freiner la sensation de perte de sens ». Je ne dis pas que c’est Claude Onesta, ça ferait mec qui se la pète. Que peut-on ajouter de plus ? Le rugby est philosophiquement, viscéralement, indéfectiblement, absolument collectif. Et c’est bien là que le bât blesse : le carriérisme des joueurs, la perte d’identité, le non sentiment d’appartenance aux clubs notamment, l’omniprésence de l’argent comme valeur première deviennent la norme. Mais la norme de quoi ? Pas de ce jeu capable depuis des générations de faire, par essence, un véritable vecteur éducatif avec une dimension sociale prouvée, faisant des joueurs, bons ou moins bons, des Hommes meilleurs. Encore une fois nous n’avons pas le temps de passer au travers de cette qualité propre au rugby qui doit redevenir première !

 

Toujours et encore la vérité du collectif !

Aujourd’hui, on s’émeut devant l’exploit de Fickou contre l’Argentine. On peut. Mais à sa juste valeur. Pas à la hauteur de la dimension collective de notre jeu et de notre engagement qui doit tout renverser. Le vide, le manque de rébellion d’un groupe subissant est à pleurer. Pas à pleurer de dépit mais de rage oui ! La défaite contre ces superbes Fidjiens est un témoignage fort de la dérive de notre institution : ces mecs sont perçus comme des bestioles physiques, individuellement, mais incapables de soutenir la comparaison du haut niveau car dénués de référentiel commun. Samedi, ils ont montré le contraire à la face du monde. Et nous, nous l’avons pris en pleine gueule ! Au passage, on peut souligner la qualité de la formation française puisque la majorité d’entre eux jouent chez nous …

 

 

Plutôt que de soutenir la thèse de la loi de l’emmerdement maximum, je préfère croire en celle de Murphy. Il existe certes une version pessimiste de cette loi qui en substance dit ceci : « deux façons de faire quelque chose sont possibles et au moins l’une de ces façons peut mener à une catastrophe. De fait, il se trouvera toujours un gonze, quelque part, pour emprunter cette voie ». Par exemple, être élu et faire des promesses populistes qui plus est pas toujours tenues, jouer sans respecter les consignes, être sur le terrain comme si c’était une fin en soi avec une dimension hyper individualiste de son engagement. Elle est là la mauvaise route à éviter à tout prix. Et elle est vraie dans tous les rugbys !

Je veux pourtant croire à l’autre version de la loi de Murphy qui nie le fait que le pire est toujours certain. Alors la loi devient une règle de conception. Le principe est donc de prévoir en amont  l’éventualité du pire, la connerie humaine, les éléments déchainés pour éviter tout cela. Ainsi la pluie, l’arbitre, les cons d’en face deviennent seconds. L’investissement de chacun priorisera sur le don de soi à des fins collectives avec la plus haute maîtrise de ce qui est maîtrisable dans notre rugby. Une seule finalité : être soi-même et faire en sorte que les actions de chacun ne nuisent en aucun cas au rendement de l’équipe.

 

‘ Me plait bien ce Murphy là, je me demande si on ne pourrait pas lui trouver un passeport français et le faire jouer avec nous tè, ça se fait parait-il ! Ou mieux : l’élire président de la FFR et de la Ligue à la fois …

 

 

Miga Latapi

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Une réaction au sujet de « Murphy ! »

  1. Murhy’s c’est aussi le nom d’une bière concurrente de la Guiness produite à Cork. et comme disait Fergus Slattery  »Proud, Proud, Proud ».

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