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15 juin 2018

Moins de 20, plus de 18 000, même vérité !

Notre société avance vers un individualisme de plus en plus prégnant. Le rugby n’y échappe pas et le « je » devient plus important que le jeu. Gloire à ces équipes, à ces entraîneurs qui ne jurent que par la dimension collective de notre sport. Je ne sais pas si Steeve Hansen et Sébastien Piqueronies se sont déjà croisés mais ils ont en point commun : leur jusque-boutisme pour mener les leurs vers l’excellence. Et pas par le petit bout non, par l’essence même de notre sport : le plaisir du jeu et le partage du projet avant, pendant, après ! Et que les défenseurs du combat à tout prix ne s’y trompent pas : la guerre n’est pas la dernière de leur préoccupation, elle en est même la base. Mieux, elle est un moyen en soi pour aller plus loin. Bien plus loin. Sur le toit du monde par exemple. Rien de moins  …

 

Moins de 20, plus de 18 000, même vérité !

 

Au pays de Cali (le chanteur, pas « fano »), l’équipe de France des moins de 20 ans dénoterait-elle ? Les Bleuets sont en train de remettre en cause toutes les vérités assénées dans les journaux spécialisés et répétées sans vergogne et surtout sans savoir par bon nombre de moutons égarés dans nos prairies ovales : oui, la formation française est de qualité ! Et au-delà de nos querelles franco-françaises, c’est bien du jeu dont il s’agit. Du jeu et de la preuve qu’il est la solution pour qui « en a ».  Autre élément d’actualité qui tend à soutenir cette réalité, la danse que notre équipe vient de subir lors de ce premier test de la tournée 2018 en Nouvelle-Zélande. Jouons bordel, jouons !…

 

Verum venatus

J’ai arrêté le latin juste après avoir appris « Carpe diem ». Mais y a-t-il vraiment autre chose à apprendre après ça ?… Ainsi, je ne suis pas sûr de mon « verum venatus » que je traduirais par un « la vérité est dans le jeu ». Mais vous avez compris le sens. Et les gamins du manager  Sébastien Piqueronies, contre les Sud Af’ puis contre les Baby Blacks sont allés jusqu’au bout de leur projet. Tenir le ballon, jouer les coups à jouer de n’importe quel endroit du terrain, être dans la maîtrise du jeu en gardant au maximum l’initiative. La conquête est juste, la défense est dense et agressive. Mais l’impression la plus forte réside en deux points : le premier, c’est l’adhésion de tous au choix du porteur ; ça semble anodin mais c’est essentiel. Essentiel pour créer les petits déséquilibres qui font les vraies différences. Le deuxième point, c’est la volonté permanente de chaque joueur à chercher la solution, certes la plus juste, mais toujours avec une ambition forte, en opposant le fort au faible. Et là, le physique devient second. Pas secondaire mais second.

 

Black (contre) attaques !

A 18 000 km de notre Occitanie, la vérité est la même. La seule différence, c’est qu’on la prend dans la gueule ! La vitesse avec laquelle les champions du monde décident, ensemble, de jouer les coups ne donnent pas beaucoup de place aux errances défensives adverses incapables de se transcender sur la durée pour un objectif commun. L’équipe de France, ses joueurs, pas tous mais un nombre trop important, ne sont pas habités de cette force collective qui est pourtant le socle de la réussite en rugby. Aussi bien offensivement que dans la forme de défense, le manque d’implication est criard et, contre la machine All Black, ça fait mal. Ainsi, qu’il est beau (malheureusement pour nous) de constater à nouveau que les contre-attaques longues sont encore un espace de liberté dans lequel des techniciens imposent à leurs joueurs de faire, de créer ! Soyons persuadés que nous ne sommes pas plus cons que les autres et qu’au défi physique permanent, l’intelligence collective et la grinta de chaque joueur peut faire la pige !

 

 Ainsi, même avec des règles qui ne favorisent pas la prise d’intervalle et un rugby total, il semble que l’alchimie entre des joueurs qui osent et des techniciens qui laissent la place à une forme d’équilibre entre « le système », le fameux schéma de jeu et la prise d’initiative personnelle existent encore. Mieux, le projet de jeu sert la prise de risques qui, de fait, n’en est plus une. L’adhésion individuelle au référentiel commun (Robert Bru, encore merci !) devient la base dans l’objectif de déséquilibrer l’adversaire par des formes de jeu variées où le volume et la vitesse sont de mise. Un jeu minimaliste fait de puissance exclusivement ne gagne pas au sommet du rugby. Quelle aubaine pour que les techniciens de tous niveaux s’autorisent le droit de tenter. Tenter de ne pas laisser les salles de muscu devenir le temple du rugby de demain. Car une seule vérité compte si l’on ne veut pas s’emmerder très vite et laisser notre passion s’éteindre et arrêter de faire battre les 1000 cœurs debout pour elle : la partie du corps la plus importante chez le joueur de rugby -aussi- reste bien le cerveau, en aucun cas les biceps, les quadriceps ou les ischios. Rassurant non ?…

 

Miga Latapi 

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2 réactions au sujet de « Moins de 20, plus de 18 000, même vérité ! »

  1. salut
    j’adore ce que tu écris sur le jeu!! je suis éducateur sur les stages pierre villepreux(le plaisir du mouvement) l’été et je me retrouve dans ce que tu dis !! ca fait du bien de lire ca !!
    merci!!
    vive le jeu de mouvement

    1. Salut !
      Merci. J’ai vu que nous avions des amis communs qui ont le même sens des priorités concernant l’ordre des choses, que nous parlions le rugby « d’en haut » ou «  »du peuple  » …
      Amicalement,

      MT

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