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25 août 2018

Les choses simples

Le Top 14 reprend ses droits – télé -. Il était donc logique de vous proposer la présentation de championnat toujours plus fort, toujours plus grand, toujours plus riche. Mais finalement non. Le mois d’août est encore celui des vacances et prenons encore un peu de hauteur pour regarder, d’en haut, ce que nous inspire ce monde ovale. Il sera bien temps de rentrer dans la meule dans les semaines à venir et se raconter ces « caddéb » d’école, ces doubles sautées et ces chisteras gagnantes qui vont illuminer cette première journée. En attendant…   

Les choses simples

Le moment était sympa, je vous le propose dans sa version romancée pour que vous lisiez deux ou trois lignes de plus de ce papier… Lors d’une soirée quasi-caritative, je m’adonnais à ma double passion : les moules à la plancha, sauce anisée et un jaune avec quelques chipirons et moules apposées. Vous humez l’odeur, vous sentez l’ambiance ? J’ai un pote… J’en ai plusieurs, ‘commencez pas à chambrer ! J’ai un pote donc dont il ne sert à rien de vous écrire le surnom. Surnom qui est « Bourre ». Du coup je ne vous en parle pas. Du surnom, pas du type. Car le type vaut le détour. Tout sauf con, très bon type classé « bon chez les très bons », plutôt branché rugby mais dans le seul axe qui compte, celui de l’humain. Le Bourre en question m’a donc retourné la tête avec une seule phrase courte et simple comme une passe main – main : « Tu ne peux pas écrire des choses simples comme par exemple « le verre est vide ! » ? ».

Le con a failli me couper l’apéro net mais comme j’ai des ressources et de la mémoire, j’ai bu l’avant-dernière tout en gardant en tête sa vérité. Je l’ai pressée, concassée, malaxée dans tous les sens. En voici le jus. Sûrement pas la boisson mythique des dieux de l’Olympe dont on parle dans la mythologie grecque. Sûrement pas ce liquide sucré sécrété par les fleurs dont parlent les botanistes. Non, plus sûrement un jus de fruit ou une purée, dilué et sucré qui se laisse boire sans compter et conter en buvant ! Voici donc tout… simplement quelques-unes de mes vérités ovales, plus ou moins vécues, plus ou moins cons aussi. ‘Faut pas non plus s’attendre à la lune même si je suis passé à deux doigts du prix Femina cette année ! « Ça s’est joué à un poil » m’a dit un éminent membre du jury …

Allez va, simple, simples les choses, simples …

  • Ce n’est pas qu’obligatoirement le rugby rend intelligent mais il rend moins con. Et quand ce n’est pas le cas, il nous laisse toujours aussi con mais à plusieurs. Et comme les mathématiciens assurent que moins par moins, ça fait plus, finalement…
  • Un jour dans le bus, en benjamin, en rentrant de Villemur, on a tous montré notre cul à la vitre !
  • « La prise de risques ». Quelle connerie cette phrase dès lors que l’on parle des contre-attaques longues ! Le vrai risque c’est d’opposer le faible au fort, le lent au rapide. Mais la prise de risques, si l’adhésion est totale et l’initiative partagée, celle-ci peut même démarrer dans l’en-but ou dans le bus la veille !
  • Les salles de musculation des clubs pro sont devenues plus grandes que les en-buts de leurs terrains. À trop utiliser les espaces des premières on n’en trouve plus sur le terrain !
  • Les All Blacks sont sur le toit du monde pour une seule raison : leur équipe est celle qui accepte de ne jamais trahir une vérité absolue de ce jeu : jouer au rugby !
  • La vérité du moment rapproche le mot « rugby » du mot « mort ». Triste pour l’élite de ce sport qui se veut l’école de la vie…
  • L’épaule du milieu des adversaires devient la principale cible des attaquants. Comme si un hurdler allait être meilleur en fracassant les haies !
  • Les casques de musique sont entrés dans le paysage rugbystique d’avant-match. À l’époque, les seuls casques utilisés avant les matchs l’étaient uniquement dans les vestiaires. Et pour du cap à cap, le tien contre celui de Raoul et celui de Maréchal contre celui de Rissard. À grrrrands coups de tromblon oui ! Aujourd’hui, il s’en perd autant que des coups de pieds au cul…
  • Les anciens rugbymen adorent se retrouver avec leurs potes anciens rugbymen. Est-ce une forme de consanguinité déguisée ou une preuve vraie de l’importance des moments partagés jadis ? Le fait est qu’ils ont l’air con en étant très contents en début de soirée. Phénomène qui a d’ailleurs tendance à s’inverser au fur et à mesure que la soirée avance ! Brassens avait raison…
  • Un jour dans le bus en senior, en rentrant victorieux du match de la montée, on a montré notre cul à la vitre !
  • Le rugby, sport de contact, t’apprend beaucoup sur ton corps. Il aide ainsi à mieux comprendre son fonctionnement, foie compris. D’ailleurs à une mi-temps près je faisais médecine.
  • On devrait beaucoup plus regarder la vérité de la mi-temps. Pas celle du rugby de la télé – même si les caméras commencent à entrer dans les vestiaires – mais celle de votre équipe du coin. Comment les coachs parlent, les attitudes des joueurs. Parfois elles sont l’annonce juste des évidences à venir de la seconde période et parfois même elles donnent une indication nette sur l’équipe qui va gagner…
  • Des fois la nuit je rêve. J’ai un bandeau, le numéro 8 dans le dos, je joue un renvoi aux 22 mètres rapidement entre les jambes pour mon coéquipier. 80 mètres et 17 passes plus loin on marque. Il y a 30 ans de ça, c’était – presque – pareil mais un vrai cauchemar pour d’autres ! Aïe aïe aïe…
  • Donner des statistiques individuelles en rugby c’est comme demander à un piéton de faire gaffe à son angle mort ou faire la 3ème mi-temps avant les deux autres : ça n’a pas de sens.
  • Un jour dans le bus avec les anciens, en rentrant d’un match du Tournoi des V Nations, …

 

Miga Latapi

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