Rugby sHop
9 mars 2018

Le paradoxe anglais

Réfléchissons un instant et arrêtons tout de suite. La fameuse chanson à texte « Dans une tour de Londres » et ses paroles, au moment tragique où l’on apprend  ce que subit le prisonnier, ne nous irriteront jamais plus qu’une défaite contre les Anglais ! Il est temps de se rebiffer et d’en avoir ! Tels des phtirus pubis, que les nôtres s’accrochent à tout ce qui semble perfide samedi et enfin décrochent la victoire contre nos meilleurs ennemis ! Come on bordel, come on !

 

Petit, longtemps, j’en étais resté à la marque de ce chocolat qui croustille. Puis chemins ovales faisant, le Crunch n’a plus été que ce mot franco-anglais utilisé 2 fois dans l’année, potentiellement 3 les années de Coupe du Monde. Mais pourquoi ces France – Angleterre sont si « exciting » des deux côtés de la Manche ?!

 

Le paradoxe anglais

C’est vrai que tous les matchs du Tournoi ont un cachet singulier. Chaque opposition raconte une histoire. Un match contre les rugueux Irlandais ne se joue pas et ne se vit pas de la même manière qu’un match contre ces chevaleresques Écossais ou ces terribles guerriers gallois ! Contre nos cousins italiens, c’est encore différent mais comme nous sommes latins d’ovalie depuis plus longtemps qu’eux … mais contre les Anglais, c’est encore une autre paire de Manche …

 

Chaloir !

L’Anglais a ceci de différent qu’il n’a nul besoin de forcer le trait pour nous réfounfougner : nous nargue-t-il à être si pédant, prétentieux, orgueilleux, imbu de sa personne ? L’est-il vraiment en fait ? Là n’est pas le problème. J’ajouterais même que peu nous chaut comme dirait l’illustre écrivain Cantalou qui (ne) répond (pas souvent) au pseudo de Delto, ou comme aurait pu le dire son voisin d’Issoire, Monsieur Rusigby ! Le verbe chaloir associé à l’indifférence est vraiment de mise ; de ces comportements plutôt hautains, pâles rosbeefs, sachez que purs ressentis de latins que nous sommes ou vérités premières que vous transpirez par chaque pore de votre peau, le résultat est le même : nous adorons vous haïr !

 

Chat noir !

Inutile de revenir sur l’historique de nos oppositions, chacune a son histoire et le pire serait d’appréhender un Crunch dans l’indifférence totale, comme un match « normal ». Aujourd’hui, le déséquilibre du rapport victoires – défaites joue en notre défaveur et, outre les Blacks qui sont les porte-malheur de toutes les équipes, l’équipe de la Rose représente le pire chat noir de notre XV national ! Remember les méfaits de Sir Jonny et ce drop en 2003 ou encore ce quart de finale de la Coupe du Monde de 1991 où Winterbottom (sur Cécillon à terre) et Rob Andrew (avec 193 chandelles dans la partie) avaient usé l’équipe de France en abusant d’un jeu au pied redoutable à tous points de vue !

Scottish manoir !

Il n’en reste pas moins que si réellement nous sommes habités de ce sentiment fort d’un vrai rendez-vous grisant, il doit se traduire par une grinta de tous les instants samedi ! Et la traduction de « grinta » en dialecte écossais, les hommes de Gregor Thownsend ont su la trouver sûrement au fond d’un vieux manoir d’Edimbourg, au Frankeinsten ou ailleurs !… Ceux de Jacques Brunel feraient bien de donner du sens à ce terme et ce, 80 minutes durant. Et si de fait, nous arrivions à leur faire perdre leur so british flegme éponyme ?!… Et nous de devenir froids, de cette condescendance qui irrite et énerve au plus haut point ?

 

Miroir !

Un peu comme un miroir réfléchissant, nous deviendrions eux, rigoureux et mécaniques, et ils deviendraient nous, un peu trop latins, jusqu’à en perdre le leur. Un vrai paradoxe en quelques sortes. Un paradoxe qui nous rendrait une image des nôtres grands, beaux et vainqueurs, récitant notre art comme un élève du collège de Rugby réciterait un poème de Lord Byron ! Et à l’instar des héros byroniens, nos joueurs seraient arrogants et cyniques mais dotés d’un haut degré d’intelligence et de perception en étant capables de s’adapter facilement à de nouvelles situations et d’utiliser leur ruse pour en tirer avantage. Et là, sus à la défaite !

 

 

L’objet du plaisir, le seul ou plutôt le plus « rugby » étant juste entendre notre capitaine exprimer en Catalan son « good game hôôômme » ! Mais aussi que les sujets de Sa Majesté se souviennent à leur tour de la double particularité physiologique de l’instant de celui qui le reçoit au moment de se serrer la main : la mâchoire qui ne se desserre pas et la très vive douleur aigüe entre le sacrum et les ischios !

Alors abusons du paradoxe et laissons le miroir réfléchir et nous pareil, mais après. Juste après la victoire à tenter de se souvenir comment se dit « bon match » en anglais …

 

Miga Latapi

PartagerShare on Facebook0Share on Google+0Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *