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12 octobre 2018

Jeu libre

« Le bonheur ça s’trouv’ pas en lingot, mais … en p’tit’ … monnaie ! ». Ce n’est pas de moi mais de Benabar, ce poète des temps modernes. Ce mec a un talent dingue pour sublimer les petits riens de notre quotidien qui sont parfois de vrais trésors extraordinaires. Déjà « trésors » c’est bien, mais « extraordinaires », alors là papa. Et « vrai » en plus !!!….
Si le Bruno en question se penchait sur le monde ovale, que verrait-il ? Je ne sais pas si je n’ai pas trouvé, comme ça, par hasard, au coin du pré presque carré de chez moi, un petit élément de réponse que vous avez vous aussi chez vous ! Venez, c’est par là …

 

Dimanche prochain, prêtez-y attention à ce match. Je ne parle pas de ceux de la télé bien sûr, ceux-là, vous les regardez avec un tel détachement qu’on croirait vous voir, un lendemain de Féria devant un documentaire animalier sur la reproduction du weta géant, cet insecte endémique de la Nouvelle-Zélande considéré comme un des plus gros du monde. Je ne parle pas non plus de ce match de votre équipe 2 qui vous intéresse certes, mais qui vous prend sur la digestion et qui, entre deux rototos post repas de famille, vous implique à peine d’une demi-bronca au 4 d’en face, d’un petit coup de râpe à ce talon qui a failli lancer droit. Même l’arbitre, qu’on devine s’être un peu oublié sur le rouge du repas d’avant match, ne vous provoque aucune colère, à peine un « pffff » sur son 3ème en-avant limite sifflé contre les vôtres. Ne pensez pas non plus que l’on parle ici du sommet de la journée avec votre équipe fanion qui rencontre son meilleur ennemi ! Mais que nenni ! Demi-tour …

 

 

Jeu libre

 

 

Corentin est grand comme à peine 4 ballons. Clément et Lili sont juste un peu plus âgés mais pas de quoi se raser chaque matin ou se maquiller le samedi soir. Adrien arrive toujours avec son ballon. A ce quatuor magique s’ajoutent trois ou quatre mouflets, souvent Romain, qui a la connerie en plein ou encore Yannis. Mais bon, c’est suivant la météo, la bringue de la veille des parents ou ces foutus devoirs non faits qui vont priver quelques-uns d’entre eux du plus grand rendez-vous interplanétaire de rugby…

 

 

 Beauden Barrett,  Morgan Parra et Antoine Dupont chez vous !  …

« Moi je suis Michalak ! Toi t’es avec moi et t’es Dusautoir, tu plaques comme lui ! » balance un des plus dégourdis de la bande. Clément lâche un « M’en fous, je suis Morgan Parra et je suis avec Antoine Dupont et vous allez manger … ».

Je ne comprends pas les médias locaux, voire nationaux ou intergalactiques : ils ont là un casting ovale qui ferait pleurer le plus fou des présidents de Toulon et personne ou presque ne couvre ce match qui démarre. Pire, le public relativement nombreux, ne semble pas percevoir ce qui se passe derrière eux. Ils sont là mais de dos ! Comme s’ils ne voyaient pas les stars de notre sport alors qu’ils pourraient les toucher, leur parler !

Dingue !

 

 

Le vrai rugby !

Au-delà de cet habillage mi-déconneur, mi-« de folie», mi-de légende, on pressent là THE match, à classer au même niveau que le Barbarians anglais – Blacks de 73 à Cardiff ! Aucune contrainte, aucun système restrictif, aucun staff pour restreindre la folie créatrice des protagonistes, le match rêvé ! Le plus rationnel des pragmatiques va me rire au nez et m’expliquer que ceci n’est rien d’autre que du vent : le rugby ce n’est pas ça, le rugby c’est la mêlée, c’est rentrer dans la gueule des autres et respecter le projet de jeu. J’écrirais bien l’endroit où je place toutes ces considérations cartésiennes à l’excès, mais ma mère m’engueulerait !

 

 

Si l’on veut bien tout poser, quel est le plus difficile ? Apprendre une leçon par cœur, répéter des situations à l’épuisement ou bien lire le coup le plus vite possible et associer le geste juste ? Et pas un seul coup à jouer mais tous, ou plutôt chacun. Donc beaucoup ! Et avec une gestuelle appropriée ! Et une gestuelle appropriée ça demande une certaine dextérité et certes quelques apprentissages et répétitions. Mais si la passe gagnante doit être faite avec le coude et si le petit pied par-dessus est finalement un coup de genou, qu’importe, pourvu qu’il arrive et qu’il soit juste !

J’exagère ? Mais bien sûr j’exagère ! Mais pas autant que tous ceux qui, très vite, trop tôt, trop longtemps, brident le génie de nos apprentis héros qui ne demandent qu’une chose : jouer et se marrer ! Allez les gars, chisteratez-moi toutes ces gaïoles, cadragedébordez-moi le monde entier, relancez-moi tous les ballons pour des essais de 980 mètres !

 

A dimanche, de dos au stade avec Antoine Dupont ! ‘Parait qu’il y aura un des deux Savea et peut-être Dan Carter. Vincent a dit que Fred Michalak mangeait à La Recoleta hier et qu’il devrait passer boire un coup aux Zinzins du Zinc samedi midi : je suis sûr qu’il déconne. Mais on passera voir quand même  …

 

 

Miga Latapi

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