Rugby sHop
21 décembre 2018

Je rêve …

C’est Noël et j’y crois ! oui c’est ça la magie de Noël ! Fermez les yeux … voilà … Lisez maintenant …

La période est aux vœux. Mais si comme le dit l’adage, « qui veut, peut », alors il se peut que mes vœux pieux de vieux soient bien peu au regard des enjeux de notre jeu. Mais je m’en fous ! J’avance …

 

Je rêve …

 

Plus on vieillit et plus on se rapproche du retour vers l’enfance avant de ne se rapprocher de plus rien du tout. Avant que ce rien du tout m’emplisse et réduise à néant mon regard neuf d’ancien, j’ai envie ici de mon regard d’enfant que je crois n’avoir finalement jamais perdu …

 

Je rêve …

Je rêve d’un rugby moins con, plus vrai,

Je rêve d’un rugby pas spécialement plus beau. La beauté c’est si subjectif et parfois si caché au point que l’intérieure est souvent la plus belle …

Je rêve d’un rugby de passes, d’espaces et de mouvement,

Je rêve d’un rugby d’un combat obligatoire qui sublimerait l’âme des attaquants d’antan,

Je rêve d’en-buts infinis,

Je rêve d’un rugby dans la boue, une boue qu’on déposerait sur des terrains synthétiques de stades couverts pour aller jusqu’au bout de la connerie.

Je rêve …

Je rêve d’un rugby de clocher dans les grands clubs des grandes villes,

Je rêve de grands clubs dans les villes de moins de 9 000 habitants,

Je rêve de ce poussin qui jouera n°10 dans 10 ans en équipe 1 de son club de toujours,

Je rêve de ce poussin qui rêve qu’il est le numéro 10 de la Une !

Je rêve d’un rugby de famille et de familles de rugby …

Je rêve de présidents riches d’une humanité au-dessus de leur compte en banque au point de laisser les décisions de rugby aux gens de rugby,

Je rêve d’un rugby à la Toulonnaise au RCT,

Je rêve que le Stade Toulousain joue à la main,

Je rêve d’en-buts en or avec des palmiers et une mer bleu turquoise,

Je rêve des Blacks !

Je rêve de l’ ASM et d’Azema parfois …

Je rêve d’essais,

Je rêve de réussites,

Je rêve d’écrire sur les murs des vestiaires des vérités, d’une heure, d’un match, d’une vie,

Je rêve de techniciens fous. Fous au sens de courageux, d’audacieux, inspirés,

Je rêve de joueurs fous de leurs entraîneurs,

Je rêve d’entraîneurs amoureux de leurs joueurs

Je rêve de joueurs et d’entraîneurs fous amoureux de leur club.

Je rêve d’en-buts qui redeviendraient des terres non plus promises mais réelles,

Je rêve de couleurs, de drapeaux et de chansons aux paroles personnalisées ! Et aussi de celles qui parlent de Fanchon, du curé de Camaret. Et de Dudulle.

Je rêve de 3ème mi-temps aux senteurs d’anis, d’houblon ou de quinquina

Je rêve de lundis matins difficiles suivants des dimanches soirs pleins

Je rêve de passes croisées et de chisteras,

Je rêve de relances qui dureraient 2 jours et 786 mètres,

Je rêve de fond de bus qui sent le jaune avec Dan qui fait les dosages, La Rouille au micro et le Duce qui imite le cri de la moule !

Je rêve de cette touche lancée au niveau des tibias du premier d’alignement qui surprendrait tout le monde,

Je rêve d‘arbitre « rugby » cap de déconner avec les joueurs et d’une complicité, d’un respect parce que tous auraient -enfin- compris qu’ils sont de la même famille et « qu’ils jouent » tous au rugby finalement !

Je rêve de joueuses mais ça c’est pas pareil …

Je rêve de cette première mêlée, les gars, la première mêlée …

Je rêve de montées, de boucliers, de titres !

Je rêve de gamins qui jouent le match de leur vie sur le terrain d’à côté sans arbitre, sans public, juste le rugby et eux.

Je rêve de cœurs de village qui s’embrasent, de Halle qui brûle,

Je rêve de supporters fanas de leurs couleurs

Je rêve d’un rugby vrai, de mains qui serrent des maillots, de maillots mouillés pour les autres !

Je rêve d’avants matchs,

Je rêve de ces visages qui se cherchent, qui se trouvent, de ces regards qui te portent, qui t’emportent,

Je rêve de prénoms de mes coéquipiers gueulés, scandés à tue-tête,

Je rêve de mes joueurs engueulés, embrassés,

Je rêve de « donne ! », « garde ! », « joue là ! », de « bord de touche ! » et « d’aïe aïe aïe !!» …

Je rêve d’avoir mal,

Je rêve de pleurer.

 

Je pleure … J’en rêve … Mais c’est bon, crois-moi, c’est bon …

 

Miga Latapi

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