Rugby sHop
14 juin 2019

« Finalement … »

Ce weekend c’est « jours de finale ». Pour le Top 14, mais aussi d’autres championnats de France. Les dernières, celle du Top 14 mais aussi de tous niveaux seront disputées d’ici fin juin. Une finale c’est obligatoirement singulier. Parce que d’autres matchs en suivant, il n’y en aura pas. C’est donc par définition le dernier, celui après lequel plus rien ne sera comme avant.

La charge émotionnelle chez ceux qui ont le privilège d’y participer est telle qu’elle influe parfois violemment, magnifiquement, incroyablement sur la qualité des joueurs. Et des entraîneurs. Jouer une finale, ce n’est pourtant rien de plus qu’un match de rugby. Vivre une finale, c’est tout sauf un match de rugby. Et pourtant …

 

 « Finalement … »

 

Ce papier s’adresse à qui veut bien lire une histoire de rugby de plus. A tous, sauf aux entraîneurs dont l’équipe va partir samedi ou dimanche à la conquête du Saint Graal. Car ceux-là n’ont pas besoin d’entendre des vérités d’un « généraliste » qui n’est pas habité de cette furie, de cet ouragan qui dévaste l’homme entraînant dans tout son être.

 

J’affirme en 15 vérités franches qu’être en finale c’est … C’est …

1 – Être en finale … putain que je voudrais en être … (*)

2 – Être en finale, c’est te donner le droit de jouer pour l’éternité.  (*)

3 – Être en finale, c’est te lever avec l’impression de ne pas avoir dormi depuis 4 mois. Et la sensation -juste- que c’est quand même le cas depuis deux jours. Mais sans ressentir la fatigue… (*)

4 – Être en finale, c’est être en capacité de faire du stress un allié. Souffler du bon pour insuffler une dernière dynamique communicative : la pression de l’autre te sert. La tienne aide l’autre. Utiliser des mots forts, positifs. Et le transformer en rugby pour en faire un bonheur tout sauf rugby … (*)

5 – Être en finale, c’est penser à jouer au rugby. C’est con comme truc mais le planchot a à peine un peu d’importance dans ces moments-là. Et l’environnement, la pression sont si forts que passer à côté de l’essentiel, c’est dommage. Et la qualité de ton rugby, ton engagement, ton abnégation dans la maîtrise en finale, c’est quand même le plus important. Tout l’inverse en finale ça peut exister aussi mais … (*)

6 – Être en finale, c’est avoir l’air con pendant des années aux rdv des mecs qui en étaient. Ne rien avoir besoin d’autre que de se croiser, se raconter invariablement les mêmes conneries vécues des années avant ; C’est ça être en finale … (*)

7 – Être en finale, c’est voir le temps s’accélérer et avoir une furieuse envie de le suivre. Ou de l’arrêter à jamais … (*)

8 – Être en finale, c’est des émotions décuplées, c’est faire vivre à son corps, à son esprit des ascenseurs émotionnels 100 fois comme ceux de la foire du Trône ! Que tu subis ou que tu imposes suivant ton rôle et ton caractère. C’est passer de la joie à la tristesse puis au bonheur définitif et à la fin, peser 21 grammes et voler. (*)

9 – Être en finale, c’est prendre le temps. Prendre le temps de regarder les gens. Les gens autour. Les tiens aussi. Les tiens surtout. Sans parler. Ou en parlant avec les yeux …

10 – Être en finale, c’est basculer de liens forts en amitiés indéfectibles. C’est con mais parfois un match de plus, inconsciemment ou pas, souffle un magnifique effet papillon qui donne à l‘évènement des répercussions géographiques et temporelles inconsidérées ! (*)

11 – Être en finale, c’est vivre des choses simples. L’avant match, le rugby du match, le coup de sifflet final et les gens autour. Regarder les gens et… et … se nourrir du  bonheur que tu procures. Et un peu du tien aussi … (*)

12 – Être en finale, c’est vivre le moment à tous les temps. C’est te servir de ton passé, d’où tu viens pour que « tu sois plusieurs ». C’est aller te construire des souvenirs qui seront toujours à part dans ta vie. Être en finale, c’est vivre un bordel de présent sans nul autre pareil, d’une intensité folle.

13 – Être en finale, c’est être en finale de la Coupe du Monde. Pas de différence entre la vraie finale de Coupe Du Monde,  celle de Fédérale 1, de série ou des catégories de jeunes : être en finale, c’est être en finale. Et ta finale, c’est celle de la Coupe du Monde, que tu la joues au Tournoi minimes de Condom, dans un autre terrain champêtre du Gers ou au Stade de France ! (*)

14 – Être en finale, c’est inviter tous ceux qui font ce que tu es, ta famille, tes amis, tes anciens coachs, tes joueurs à un incroyable voyage à la portée de personne. Et toi, tu leur offres … (*)

15 – Être en finale un jour, il y a longtemps, j’y étais. Être en finale, c’était y a longtemps et aujourd’hui j’y suis encore et c’est bon. Sans condition  …

 

                                                                                                                                                     Miga Latapi

 

(*) : À condition de la gagner !

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