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25 mai 2018

Femmes …

Avec ce titre, je vous entends partir sur du Julien Clerc ou du Sexion d’Assaut… Loin d’un féminisme à outrance, il était temps d’écrire un peu sur les filles non ? Elles sont aussi le visage du rugby et vu les têtes cabossées, les nez tordus et les tronches disgracieuses des hommes de rugby, ce n’est pas plus mal. Au-delà de cet aspect physique, c’est bien leur place au cœur qu’il est beau de souligner ici. Et ce n’est pas la fête des mères qui crée l’occasion ! Quoique …

 

Femmes …

 Oui, on en est au final si palpitant du Top 14. Oui, on a la liste des 30 qui iront défier les Blacks en juin et celle des 23 Barbarians qui iront jouer les Provinces Néo-zélandaises des Highlanders et des Crusaders. On aurait même pu parler du mondial de foot mais non. Aujourd’hui, on élève, on s’élève et on fait preuve d’une extrême délicatesse, d’un brin de galanterie et enfin, d’un respect absolu pour vous, Mesdames. Le rugby et la gente féminine, c’est finalement une longue histoire. Car avant de devenir depuis quelques années des joueuses ou entraîneuses, ces dames n’en étaient pas moins des actrices du monde ovale … et notamment …

 

… Les dirigeantes 

Longtemps, ce fut la seule fonction autorisée au sein même du club. Interdites de terrain, de bancs, leur passion pour ce monde ovale ne pouvait s’exprimer qu’au service, souvent administratif, parfois culinaire, pour satisfaire ces messieurs si machos parfois. Des mamies, des Nenettes, des Tantines, il en existe depuis des lustres dans les clubs. A toutes, respect.

 

 … La moitié

La fiancée, la femme, la copine, elle est celle qui « partage » les méandres très lassants de leur joueur de mari. Ou entraîneur ? Souvent hors de la bulle quand « l’homme » entre en état de match, elle est celle qui subit les sautes d’humeur, les gueules de six pieds de long et accessoirement les fêtes les soirs de grandes victoires. L’équilibre est fragile chez chaque joueur passionné. Souvent, dans l’entourage proche des « moins déséquilibrés » d’entre eux existe une femme extraordinaire, celle qui sait écouter, comprendre, panser aussi et partager de toute façon. A toutes, respect.

 

 … La sœur

Très souvent, c’est par procuration qu’elle vit le double amour qu’elle loue à son frère et à son sport. Car elle n’a pas pu ou n’a pas voulu basculer sur le terrain, elle assure comme un transfert des émotions fortes du frangin. Excessive, en aucun cas objective, celui qui est de son sang est souvent très bon, tout au moins, elle lui reconnaît beaucoup de qualités. Bref, elle l’aime. A toutes, respect.

 

 … La joueuse, l’arbitre ou l’entraîneuse

Voici quelques années que le rugby féminin est -quasiment- entré dans les clubs. Les entraîneuses ne sont plus uniquement que de bar. Maintenant, c’est sur le pré et avec des qualités de plus en plus prégnantes : comme cette fonction n’est pas liée à la taille des biceps ou au taux de testostérone, quoi de plus logique que les techniciennes mettent leur intelligence au service de leurs collectifs ? Et pourquoi pas un jour au service des équipes de mecs !

A l’instar de l’équipe de France, on voit sur certains matchs d’Armelle Auclair et encore plus au plus haut-niveau, des actions de jeu, des gestes techniques qui n’ont plus rien à envier aux rencontres de leurs homologues masculins. Et comme chez les jeunes, l’effectif des filles est quasiment le seul secteur en développement à la FFR … « L’avenir de l’homme est la femme » disait louis Aragon, « la femme est l’avenir de l’homme » chantait Jean Ferrat, gageons qu’elle en sera bientôt son égale.

 

… La mère

Le short, les chaussettes crottés de leur chérubin, c’est souvent le premier contact que les mamans ont avec le rugby. Il y a mieux. Et pire aussi quand ce jeu de contact rapporte parfois l’œil bleu ou le nez moins droit du petit protégé. Je passe sur le plâtre à 3 jours de la communion… Passons sur les pleurs, les déceptions des défaites et encore moins les victoires que souvent elles ne voient pas car, par superstition, elles ne sont pas invitées au stade « tu n’es pas venue de l’année, tu ne vas pas venir le jour de la finale, tu vas nous porter la poisse ! ». Pourtant, elles le vivent à distance. Et avec quelle angoisse avant l’attente du coup de fin libérateur … « on a gagné ! ». Le « bravo mon fils que je suis fière de toi !» qui suivra mettra aux oubliettes ces hectolitres de lessive, ces heures (qui font des années si on les cumule) en attente de cette porte qui claquera trop fort à 3 heures du matin synonyme de 3ème mi-temps « bien pleine ». Être maman de joueur de rugby c’est dur mais c’est bon. A Odette et à toutes, respect.

 

Toutes ces Dames mais aussi toutes les supportrices, les grand-mères, les hommes femmes de terrain, les commentatrices méritent vraiment notre respect. Néanmoins quelques questions existentielles me taraudent encore l’esprit : Madame Webb Ellis en pensait quoi du rugby ? Ou encore Simone De Beauvoir a-t-elle eu une influence dans l’épopée du XV de France du Grand Chelem de 1968 ? Et enfin la dernière, peut-on assurer aux femmes de rugby qu’elles en ont fini de ces passages sous les fourches caudines de ces machos d’ovalie ?

Miga Latapi 

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