Rugby sHop
1 mars 2019

Et puis un jour …

« Il y a là la victoire qui nous tend ses bras d’or ». Cali a raison, celle-ci, celle qui compte parce qu’elle est définitive, porteuse d’un titre ou d’une montée, revêt un sens fort, profond, partagée parce que circonstancielle.
Et puis il y a « ta » vérité. Qui peut d’ailleurs être la même, née d’un événement heureux. Celle qui, consciemment ou pas, te fait basculer dans un monde nouveau. Pas nouveau avec des maisons volantes, des mecs à 5 bras qui parlent avec les aisselles, marchent sur les mains non ! Non, le même monde. Le même avec les mêmes potes, les mêmes lieux, ce même terrain, ces mêmes vestiaires mais où tout et tous t’imposent une intensité folle. Un monde qui va jusqu’à te faire choisir (ah choisir …) de ne plus être moyen, de ne plus subir …
Ce monde-là, tu vas peut-être le vivre dimanche à 15 h 30 devant ce match de milieu de tableau sans intérêt mais que ton entraîneur transforme en match singulier. Cet instant magique, tu vas le ressentir lors d’une causerie d’après entraînement où l’un des tiens prendra la parole parce que c’est sa dernière bientôt et qu’il vous veut « avec lui ». Cette émotion dingue, peut-être que tu la ressentiras lors du « Shoulder to shoulder » fort à Dublin ce dimanche. Peu importe.
Le rugby, ses valeurs (je parle là du vrai sens du mot « valeurs », pas du produit marketing qui a amené beaucoup de déviances et tué une forme d’innocence et d’authenticité au plus haut niveau), ce rugby donc, nous appelle tous un jour. Et puis …

 

Et puis un jour …

 

Et puis un jour … le jour se lève. Pour toi.
Il y a longtemps que tu fais. Longtemps que tu partages et que tu t’amuses. Depuis le début tu joues. Simplement. Parce qu’un pote, parce que la télé, parce que ton cousin ou ton père ou jusque parce que tu es de là, tu y es tombé dedans et que c’est comme ça.
C’était juste un jeu, le moyen de faire le con avec les autres ou de canaliser une agressivité trop forte. Ou d’autres choses encore. Tant de choses … Mais tu y es. Bien ? Et tu avances. Et plus tu avances et plus tu y es. Un peu comme une addiction qui serait au rayon « remède », tu avances.
A cause, grâce en fait …- aux autres, toujours, aux émotions partagées, aux victoires, aux montées mais aussi « grâce », à cause aussi, aux défaites, aux descentes, tu ne joues plus au rugby mais tu le vis. Alors là, tout change : tu es habité, tu es investi d’une vérité qui te dépasse. Qui dépasse, bien plus forte que toi et pourtant, qui représente le cœur de qui tu es. Pour toi, pour les tiens.
Écrire aussi fort pour juste « le simple fait de jouer au rugby » relève de l’excès, limite de schizophrénie et du mensonge mêlés. Mais j’assume : je peux, je l’ai vécu !

 

Et pourtant … regarde autour de toi. Regarde le sens originel de ce jeu, ce qu’il impose de comportements altruistes, de sacrifices. Et regarde à nouveau autour de toi et regarde ce que tu prends de tes amis, ce que  tu aimes dans ta famille ! C’est cette vérité qui compte. Elle qui te saute à la gueule tout de suite, dès tes premiers pas ovales. Ou qui t’apparait plus tard, parfois par hasard, par une victoire singulière. Ou un titre. Ou un peu de ce que porte chacun de ces moments singuliers …
Le jour où tu le vis, le jour où tu en as conscience, alors là papa … c’est comme si le soleil coupait l’horizon entre ciel et mer pour toi, comme s’il ne se levait que pour toi, d’une lumière nouvelle, forte.
Ça dure toute la vie ou ça n’existe qu’un instant mais l’important c’est de le vivre. Le voir, le lire, le choisir et le garder comme une force intérieure qui te pousse à mieux, qui te mène plus loin, qui te rend plus fort.
Ce jour là, prends tout va … Prends tout.

 

Miga Latapi

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