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18 mai 2018

Échec et pas brillant

On les attend ces matchs de printemps, on en raffole. Et parfois on est déçu. Du résultat parce qu’on supporte telle ou telle équipe. Parfois on est même attristé pour le rugby. Parce qu’il est pauvre et sans saveur. Comme cette finale de coupe d’Europe où le Racing n’a pas été le seul perdant. Déjà qu’on ne voit même plus un petit marron, parfois on ne voit même pas une inspiration offensive digne de ce nom, une contre attaque longue, quatre passes dans son camp, trois au moins. Bon … deux ?… ‘ va falloir que ça change tout ça … 

 

Échec et pas brillant

 Les phases finales du Top 14 sont là. Celles du rugby amateur sont bien entamées. Partout l’enthousiasme est là et on peut ressentir cette excitation due à l’aspect définitif qu’engendre le résultat de chaque match. Et partout le jeu épouse cette ferveur, vas-y que je te relance des tribunes, vas-y que je te « chistere » à tout va, partout la contre-attaque longue fuse à gogo. Partout ? A gogo ? Pauvres de nous …

 

Le Racing perd. Le rugby ne gagne pas non plus …

Les tristes qui sont restés devant leur télé samedi dernier en auront pleuré ! Accessoirement que le Racing perde, mais surtout de la pauvreté du jeu et son insipidité ! Je ne sais pas jouer aux jeux de rugby électroniques mais j’espère qu’on peut au moins, avec les manettes, choisir la forme de jeu ! « Alors … croix rouge pour « jeu débridé » … triangle vert pour «gestes nouveaux jamais vus » et rond rouge appui long pour « renforcement des règles pour plus de combat donc plus d’espaces ».

 

Vite, vite, osons …

Osons oui, osons tout ! Que les techniciens refusent d’avancer sur cette partie d’échec permanente ! Laurent Travers a exprimé ainsi sa déception post finale : « ce match aura été une partie d’échec ». C’est terrible cet aveu de faiblesse au point de refuser d’aller chercher d’autres vérités plus personnelles, singulières qui te rendront différent donc moins prévisible donc dangereux autrement que par ta puissance ! Là nous sommes juste sur une vérité d’intersaisons avec un recrutement et un effectif qui vont te permettre d’accéder potentiellement à telle ou telle place en fin de saison. Affreux ! D’avancer tes pions comme … des pions avec zéro initiative propre à ton équipe, à ta culture. C’est affligeant !

Le seul élément qui peut nous aider à comprendre ces entraîneurs qui n’avancent qu’en tenant des certitudes physiques, ce sont les règles. Car censées aider, elles rationalisent les secteurs ovales au point de ne leur laisser qu’un seul cadre de vérité prioritaire et quasi exclusif : le physique !

 

Synonyme de spectacle ? Physique !

Voici quelques années, le rugby a décidé de proposer « plus de spectacle ». Traduisez « plus de temps de jeu ». Pas faux. Mais le spectacle se transforme en jeu du cirque. Plus de réels combats, aseptisés bien au-delà des mêlées (ce qui est déjà un drame en soi). Sur la sacrosainte « égalité des chances » entre les attaquants et les défenseurs, celui qui a le ballon trop souvent est sûr de le garder sur chaque point de rencontre. Surtout ceux qui se situent au près avec, au grand maximum, une passe ou deux. Le jeu aéré est devenu, lui, source de risques car l’attaquant s’éloigne de la densité de joueurs qui lui permet d’assurer la conservation du ballon. Les schémas de jeu sont élaborés pour gagner le combat du un contre un dans sa dimension la plus physique qui soit ! C’est quand même navrant de voir la pauvreté des joueurs qui se contentent de viser l’épaule du milieu, incapable d’envoyer un ou deux appuis et un vif piston pour raffûter l’adversaire !

 

 

Paradoxalement, ré ouvrir les zones de combats à plus de libertés à la défense imposerait à l’équipe en possession de la balle de venir plus nombreux. Ainsi, ces fameux rucks joués à juste deux ou trois joueurs, souvent moins, verraient plus de protagonistes en découdre. Conséquences logiques, les espaces pour jouer les coups ailleurs seraient plus grands et aux prises d’intervalles et autres décalages se substitueraient les « rentre dedans » si effrayants pour les mamans de nos futurs rugbymen.

Et sortons les cassettes VHS de Didier Codorniou, Denis Charvet et autres artistes d’un rugby dit « champagne », le rugby total serait de retour ! Mais les Pascal Ondartz, Bill Beaumont, Armand Vaquerin et autres guerriers ne seraient pas en reste, eux qui voyaient le ballon une fois avant le match et encore ! Car il en faudrait des rudes aux grosses manivelles pour arracher ces bras adverses …

 

Même la météo semble être en accord avec ces principes, elle qui se refuse à basculer dans le très beau. Elle qui d’habitude est le pendant des phases finales et de tous ces matchs de printemps. A croire que le mat soit la teinte de l’échec du rugby actuel … Qui jamais ne gagne.

 

Miga Latapi 

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