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1 décembre 2017

Du rugby SVP !

Du rugby SVP !

Les 67 millions de Français moins les 66,5 millions qui s’en foutent ont commenté la tournée d’automne et les contre-performances de notre XV de France. Certains ont d’ailleurs rasé gratis en balayant d’un revers de main à peu près tout ce qui s’est fait en rugby depuis 10 ans : le calendrier, Marcoussis, la formation, les sélectionneurs, le championnat, les étrangers y compris les joueurs ! Le tout néanmoins en encensant (comme en mille) les Dupont, Lacroix ou encore Macalou une semaine pour leur cracher dessus la semaine d’après. Bref, un comportement bien français qui, tel un bon spécialiste bien accoudé au comptoir du café des sports, est capable de t’expliquer tout et son contraire et mettre tout dans le même sac -à vomi-. A vomir !

Plutôt qu’ajouter un peu de noir à la situation, portons notre regard aujourd’hui sur les déviances de certaines phases du « rugby moderne », ce jeu qui devient de plus en plus un spectacle apparenté au foot US.

 

Fuck les rucks !

L’arbitrage de la zone plaqueur – plaqué et de la phase de ruck devient le plus important. Même les plus grandes universités canadiennes ne sont pas d’accord sur les chiffres mais il s’avère que les codes ont changé depuis 20 ans : de moins en moins de mêlée et touches (autour de 70 il y a une décennie contre à peine la quarantaine aujourd’hui) et de plus en plus de mêlées ouvertes, ces fameux rucks (plus de 170 par matchs contre à peine 70 il y a 10 ans !). Il faut dire que la zone fait peur et le contest n’existe quasi plus du tout avec cette fameuse nouvelle règle qui, avec un seul joueur debout ajouté au-dessus de la zone de placage, crée donc les lignes de hors-jeu (remember le feu Angleterre – Italie de février 2017 où la Squadra Azura avait bien perturbé l’organisation british). De plus, le défenseur qui s’approcherait pour lutter est, sans impunité pour le soutien offensif, pris sans ballon ! Ajoutez les fameuses arrivées par le côté de ces mêmes soutiens offensifs qu’on ne sanctionne pas (vive l’attaque !) et vous avez là un beau bordel ! A quand les concerts de Madonna à la mi-temps façon Super Bowl ?!!!

 

Les introductions en mêlées

Nos amis référés bassinent à juste titre les piliers sur l’alignement de leurs épaules : si on s’amusait à pister l’alignement des épaules des numéros 9 lorsqu’ils introduisent, on se marrerait à constater qu’elles sont déjà largement tournées vers leur camp ! Et que, de fait, les introductions pas droites ne sont plus sanctionnées (sauf une contre la France lors du match contre le Japon, c’est dommage…) ! Un jour, on verra un demi de mêlée malin faire des feintes d’introduction, garder le ballon en revenant derrière sa mêlée pour ouvrir en suivant. Je ne vais pas vous dire ici que c’est du vécu et que je l’ai déjà vu faire, vous ne me croiriez pas ! Et vous dire que ce 9 était l’excellent Gilles Galy ne vous apportera rien de plus. Mais à moi oui …

 

Temps de jeu : tant de jeu que ça ?

Toujours ces mêmes statistiques sur l’évolution du rugby nous démontrent que le temps de jeu a sensiblement augmenté, passant de à peine un peu plus de 25 minutes au début du professionnalisme, à plus de 35 minutes parfois aujourd’hui. Ceci corroboré aux statistiques du nombre de passes augmentant (en moyenne 70 à 80 passes de plus dans un match en 20 ans !).

Tout est relativisé dans ces informations car la vérité du Top 14 n’est pas celle du plus haut niveau international ni celui du Super 15 de l’hémisphère Sud. Mieux, ou pire, ces chiffres donnent une vérité en trompe l’œil  (terme impropre s’il en est tant, d’évidence, le spectacle n’est pas si plaisant que ça et surtout si « rugby » que ça !). En effet, le type qui reviendrait d’un voyage de 30 ans sur la Lune pourrait croire en ces données, le vrai retour du French Flair avec des contre-attaques du fin fond des en-buts de 10m ou plus, des chisteras à la pelle et l’esprit Barbarians devenu norme ! Son poste de télévision réglé, il va vite comprendre qu’il y a plus que Roger Couderc qui est mort ! L’heure est au pragmatisme, à la collision, aux schémas tactiques et aux corps bodybuildés jusqu’aux épaules. Ce qu’il y a au-dessus ne servant qu’à réciter des éléments sans variables, sans poésie et sans audace.

 

Heureusement, « on » va se réveiller et « on » va bien se rendre compte que le mot « évolution » n’est pas synonyme de « progression ». Ainsi, ceusss qui pensaient comme une priorité le fait que le rugby devienne un spectacle, vont vite faire en sorte que ce spectacle redevienne du rugby !

 

Miga Latapi

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2 réactions au sujet de « Du rugby SVP ! »

  1. Il faut en effet revenir à du véritable rugby d evitement, de feintes d initiatives. Par contre pour cela il faut à mon avis virer 90% des étrangers qui jouent mais aussi les anciens joueurs qui sont entraîneurs. Limiter les transferts, revoir les regles (interdire les oassages a vides idem pour les placages au dessus des pecs)et avoir les memes regles a tous kes niveaux.
    Enfin bref revoir énormément de choses car le rugby d aujourd’hui ne fait plus trembler les véritables joueurs.

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