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13 avril 2018

Des JIFF, des baffes et des claques !

Loin, loin, l’idée de ressasser avec ce titre les plus belles générales du rugby français. Pourtant, il y aurait quelques petites calbottes derrière la tête de certains décideurs qui seraient souhaitables pour leur rappeler pourquoi ils sont venus (s’)investir dans le rugby. Car plus on avance et plus on s’enfonce, prenant notre discipline pour un jouet dans lequel les hommes, l’histoire des clubs, l’état d’esprit du rugby est second. Ces messieurs s’amusent et nous on s’emmerde. A travers 3 faits bien distincts du rugby d’aujourd’hui, voyons comment on désenchante un monde qui tournait si bien ovale …

Des JIFF, des baffes et des claques !

 

3 Faits.

Les «Joueurs issus de la formation française».  Ce dispositif a été instauré à l’été 2010 par la LNR pour faire face à l’afflux de joueurs étrangers dans les championnats professionnels et favoriser l’émergence des Français. Est considéré comme JIFF tout joueur qui a passé au moins trois saisons au sein d’un centre de formation agréé, ou qui a été licencié de la Fédération pendant cinq ans avant 23 ans.

A partir de la saison prochaine, les clubs de Top 14 et Pro D2 devront présenter en moyenne 15 JIFF par feuille de match, contre 14 cette saison, sous peine de se voir retirer jusqu’à 12 points au classement, contre 10 actuellement. La moyenne requise passera à 16 à l’été 2019, puis 17 en 2021. Malgré tout, le nombre d’étrangers dans le championnat français atteint des proportions dingues.

Narbonne et Dax seront en Fédérale 1 la saison prochaine. Que les plus anciens d’entre nous racontent à ceux qui n’ont connu que l’essai à 5 points les histoires des Spanghero, Maso, Sangalli ou encore Codorniou, le titre des Audois en 1979, la finale de 1974. De même, le club de Dax reste une référence. Les noms d’Albaladéjo, Bastiat, Lescarboura, Roumat, Dourthe père et fils, Pelous, Ibañez et consorts ont fait la renommée d’un club qui a joué les premiers rôles jusqu’au début des années 2000.

L’équipe de France n’y arrive pas. Elle est toujours à la recherche d’un équilibre pour porter ses internationaux au plus haut niveau international. Aujourd’hui, pour les jeunes français, le rugby de France recherche un mode de fonctionnement qui permettra à nos équipes nationales de jeunes de leur permettre de rivaliser avec les meilleurs et tutoyer l’excellence.

Ces 3 faits ne sont pas sans effet sur les méandres dans lesquels parfois notre rugby de haut niveau s’enlise. On invente, pour les JIFF, des règles pour tenter d’interdire aux fous de s’autoriser tout et n’importe quoi en allant chercher le gratin du rugby mondial en nombre dans une surenchère folle. Pendant ce temps, les clubs historiques des dernières décennies vont progressivement se retrouver aux oubliettes. Comble du comble, la conséquence de ces déviances touche l’équipe de France qui ne trouve pas encore de réponse pour qu’elle tutoie enfin à nouveau les sommets.

L’argent dans le rugby professionnel a sûrement eu des effets positifs. Favorisant ainsi les préparations des joueurs, l’amélioration des structures d’encadrement et en partie la formation de nos joueurs et de nos cadres, les investisseurs dans le rugby devaient être une bonne chose. Ne nous voilons pas la face, sur l’aspect financier, l’excès est devenu la norme et les présidents de clubs repoussent les limites. Et la fin justifie ces moyens de plus en plus importants à en défigurer jusqu’à notre jeu au point qu’il ait partout le même visage, le même aspect ou presque. Il dénature de fait l’état d’esprit singulier de chaque territoire. En termes d’appartenance à un terroir, en termes d’engagement pour son « pays » aussi.

La règle des JIFF va nous péter à la gueule. Il y a des baffes qui se perdent quand on voit la déraison de certains décideurs mais les plus belles claques, ce sont bien les amoureux fous de ce sport qui les prennent : dépassionné, le public du rugby en quête d’authenticité et à la recherche d’un sentiment d’appartenance fort à son équipe, devient plus passif, plus distant de son équipe. Il est sûrement trop tard (même si la Nouvelle Zélande nous démontre le contraire) car l’heure n’est pas aux équipes des provinces, qui ont d’ailleurs failli exister dans les années 80. Mais autorisons-nous une bonne torgnole au rugby français qui remettrait des moyens justes afin que le rugby de Toulon ne ressemble pas au rugby de Toulouse et que le rugby de Montferrand soit différent de celui de Paris. Juste ça … L’église au centre du village en fait … Et le troquet aussi ! On est tous de quelque part non ?

Miga Latapi 

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