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9 février 2018

Des bleus d’Irlande aux Bleus d’Ecosse

De sources médicales sûres, des bleus sur le corps peuvent apparaître, ayant pour cause une insuffisance veineuse. De sources rugbystiques aussi ! Même si la chance n’explique pas tout, une multitude de toutes petites choses ont engendré ces maux divers samedi soir. Et maintenant ? On s’arrête ? On pleure ? On se met au foot américain ? Non pardi ! Il s’agit d’avancer et d’être solidaires avec notre XV de France. Je ne parle pas d’être derrière toutes les personnes de la FFR mais au moins d’user des valeurs sans lesquelles notre jeu ne vaut plus rien ! Alors on se dit nos 4 (ou 15) vérités et on avance ! Respect, engagement, enthousiasme et solidarité et on marche droit ensemble sur Murrayfield !

 

Des bleus d’Irlande aux Bleus d’Ecosse

 

Si la tante de Bordeaux de Jonathan Sexton était décédée vendredi soir dernier, que dirions-nous cette semaine au sujet de l’équipe de France ?  Serait-on déçus de la prestation des Français qui n’ont pas samedi relancé depuis Marcoussis pour marquer à Saint-Denis ? Serions-nous dépités de voir que nos intentions offensives ont été réduites à néant ? Ou aurions-nous réalisé un double salto arrière de bonheur de ce 12 – 13 en notre faveur ? Pour diverses raisons depuis samedi dernier 17h30, nous avons tous un goût amer, comme si on avait chiqué des croûtes d’un Munster plus vieux que Paul O’Connell ou mâché un chewing-gum à l’Epoisses fabriqué par la maison Dobre !

Pour que disparaissent ces contusions mentales qui nous font l’effet de « collisions » fortes qui mériteraient un protocole « commotion du genou », pour conjurer le sort, exister dans ce deuxième match à Murrayfield et définitivement se placer derrière et avec l’équipe de France, voici 15 vérités à suivre sans conditions !

 

1 – On est le XV de France !

Oui, nous devons nous débarrasser de nos états d’âme envers les décisions de la FFR et de son président sur le choix d’évincer le staff, sur la forme et sur le fond !

 

2 – Brunel n’est pas Laporte

Non, Jacques Brunel n’est pas une marionnette de son président et, comme Guy Novès, il mérite notre respect, notre soutien.

3 – On n’est pas les Blacks

Non, le XV de France ne pouvait pas proposer contre l’Irlande une prestation proche de l’excellence dans tous les domaines. L’état d’esprit aura été excellent et même si la qualité défensive n’est pas une fin en soi, elle dit bien une vérité première en rugby, sans quoi …

 

4 – Nous on est nous !

Oui, le socle est bon. Avec cet engagement, cette solidarité, on détient les bases pour avancer (j’aime ce mot…). Avancer dans un jeu qui va s’étoffer au fil des matchs. Avancer avec un équilibre qui va offensivement nous ramener à ce que nous sommes : des Français qui aiment jouer ! Mais le respect de l’ordre des priorités était nécessaire. D’autant que l’entraîneur qui aurait imposé un jeu de passes à l’excès, n’existe pas, Joe Schmidt ni Guy Novès inclus !

 

5 – Brunel est Brunel

Oui, Jacques Brunel est un entraîneur pragmatique mais ambitieux. Ceux qui se contenteraient du focus du match contre I’Irlande manqueraient de mémoire, eu égard au jeu des années « gersoises » de Colomiers et de l’USAP, titres à l’appui …

 

6 – La France, l’autre pays du rugby

Certes, nous ne sommes pas la nouvelle Zélande mais culturellement, il existe chez nous des techniciens et des joueurs capables de trouver le juste équilibre en termes de jeu pour performer « dans les figures imposées » comme dans les figures libres ! Assez de rigueur répétitive dans notre latinité en quelque sorte …

 

7 – Des valeurs ajoutées en moins

Si nous n’avons pas une génération forte émergeante, il existe assez de très bons joueurs pour rivaliser au niveau international. Et donc oui, les absences des Gourdon, Parra et Dupont sont préjudiciables, mais oui Picamoles, Serin et Beauxis vont être à la hauteur !

 

8 – La France, l’autre pays des fromages !

Par connerie, je me suis enlisé bêtement cette semaine dans la chienlit de ces réseaux asociaux, ce tout-à-l’égout où se déversent trop souvent les eaux usées et les cerveaux ramollis. Elles font peur ces invectives gratuites envers des types dont la droiture, l’engagement et l’honnêteté sont irréprochables : non, non, je ne parle que des hommes de terrains là. Ainsi, sus « aux fromages » qui salissent l’investissement des Hommes, joueurs ou entraîneurs qui se livrent et sont, de fait, irréprochables sur le fond.

 

8 et demi – Le système ou les limites de l’initiative du joueur

Il n’est pas rare de retrouver les mêmes lancements, les mêmes touches dans telles ou telles équipes ou sélections. Ainsi, il nous arrive régulièrement de penser que les joueurs récitent les partitions d’une musique un peu lassante dans laquelle aucune inspiration ne transpire. Juste un cadre dans lequel les joueurs se lâcheraient, ce n’est pas possible ? Le fameux référentiel commun cher à Robert Bru (là, les plus jeunes d’entre vous se disent « quel blaireau, il s’est trompé de prénom » …) qui autoriserait toutes les initiatives individuelles puisqu’elles « parleraient » à tous et induirait un jeu sans ballon juste et sensé ! Puisque le socle est là, croyons-y !

 

9 – L’Homme au centre du système !

Et donc de créer un jeu novateur et enthousiasme ! Car si les Hommes « ont un chemin », ils sauront trouver les moyens, ensemble, d’y avancer de manière efficiente. Allons plus loin (je ne sais pas si Brunel le fait) : le projet de l’équipe de France mériterait d’appartenir, non plus seulement au sélectionneur mais au sélectionneur et aux sélectionnés. La vérité, partagée, décidée et validée en amont, par celui qui est censé diriger et aussi ceux en charge de la produire, n’en sera que plus juste : elle ne sera plus sujette qu’à des régulations de circonstances. Mais ceci mérite plus que quelques lignes, voire un bouquin (on devrait tous lire « Le règne des affranchis » de Claude Onesta sans oublier le regard lumineux de Pierre Dantin à la fin du bouquin …).

 

10 – Redevenons chauvins !

Aimons les nôtres ! Je ne vais pas reparler de Roger Couderc, ce commentateur … gersois, qui officia des matchs de Gachassin et des frères Boni jusqu’à ceux de Jean Pierre Rives et Serge Blanco, chauvin jusqu’au bout de sa casquette, mais si nous redevenions tous supporters du XV de France, ceci permettrait d’avancer dans une ferveur recouvrée qui autoriserait une sérénité pus forte de notre rugby. Je suis sûr que même Guy Novès est d’accord avec ça …

11 – Les raisins et les raisons de la colère

Que ce soit John Steinbeck, John Fonda ou encore Roland Cayrol et même IAM, tous racontent le rejet du mauvais côté des politiques et les chemins difficiles d’Hommes qui luttent, à la recherche d’une victoire, d’une terre, de dignité. Un peu comme notre équipe de France en quête de reconnaissance, de plénitude ou tout simplement de petits bonheurs à partager. Et si on était juste « pour » ? Plutôt que de souffler le chaud et le froid, et de salir le moindre « coup de moins bien », si nous restions juste « pour » l’équipe de France en rejetant d’emblée toutes contingences négatives …

 

12 – Un match reste un match

En 1981, la France remporte le Grand Chelem et gagne ses 4 matchs maximum de 4 points. En 2010, pour son dernier match, le XV de France bat l’Angleterre 12-10. Enfin, le premier match des Français à Murrayfield se solde par une victoire de … 2 points (10 – 8). Même si on vise plus cet objectif-là, ceci est de bon augure pour ce samedi …

 

13 – Petite cause, grande conséquence

Une petite faute comme charger un n°9 sans ballon ou rater une pénalité dans ses cordes. Mieux : claquer un petit drop en fin de partie. En soi, ce n’est rien. Pourtant, un petit drop qui ne compte, normalement, pas plus de 3 points, quel qu’il soit, ce drop-là, ce samedi, selon une certaine vindicte populaire, ferait basculer le XV de France vers un noir encore plus noir que la U Arena de Nanterre un soir de novembre. Je dis non …

14 – Avec les bleus d’Ecosse !

Qu’on soit de l’Aveyron ou du Centre Sud du Massif Central ou de partout ailleurs, je nous souhaite pour ce rendez-vous à Murrayfield d’être d’un inconditionnel soutien avant et pendant toute la rencontre avec nos Bleus. Redevenons bons comme le pain, engagés comme jamais derrière notre équipe nationale. Et modérés dans la critique. Soyons rugby quoi !…

 

15 – On va gagner.

 

Miga Latapi

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