Rugby sHop
1 septembre 2017

Carton rose ! Carton bleu !

Le rugby va vite, le rugby va très vite. Le rugby va trop vite ? Peut-être. Profitons de ce début de saison 2017-2018 pour un petit feed back sur «comment c’était mieux avant» tout en proposant quelques pistes pour rendre plus « vivants » nos dimanches après-midis …

Carton rose ! Carton bleu !

Ainsi, considérons que notre rugby est en pleine mutation et ne nous interdisons aucune limite vers un sport plus moderne encore, plus délirant où il saurait préserver deux de ses particularités pourtant si antinomiques : garder la valeur ancestrale du combat lui assurant une vérité inter générationnelle qui fait que les vieux cons ne le sont jamais vraiment, et, tendre de plus en plus vers un modernisme à tout va, accélérant néanmoins la chute en avant (mêlée) vers un sport-spectacle.

 

Les vœux des clubs, cette gageure…

Concernant le protectionnisme des haut-dirigeants du rugby, il me revient en mémoire un moment unique à l’intersaison où la reine FFR octroyait le droit au peuple d’émettre un avis. Ainsi, les clubs, ces petites gens, pouvaient émettre un ou plusieurs vœux que sa majesté pouvait balayer d’un revers de main ou exceptionnellement adopter. J’ai le souvenir que le journal jaune, moins people à l’époque, comme le rugby d’ailleurs, se faisait l’écho de cette voix en publiant ces requêtes. « Le club de Pompertuzat, comité Du Vent d’Autan, demande à ce que chaque joueur puisse avoir le nom du partenaire tatoué sur le dos et qu’on puisse enlever le maillot à chaque essai ! ». Oui parce qu’il y avait de tout dans les vœux, de tout et parfois n’importe quoi. Entre celui qui voulait des temps morts toutes les 10 minutes, celui qui voulait des lettres à la place des numéros au dos des maillots, celui qui voulait des terrains aux enbuts de 30 mètres de profondeur (impossible à jamais !), les clubs s’autorisaient les demandes les plus singulières et souvent très personnelles. Ce à quoi le gouvernement ovale répondait un définitif « Vœu refusé ! ». Certes certains vœux étaient acceptés mais souvent avec des réserves plus grandes que l’africaine de Sigean … Qui aurait eu l’idée de demander un écran plat et Canal + aurait peut-être reçu un « Vœu accepté » de la Fédé avec la réserve suivante : « à condition que vous la fermiez quand on laissera les matchs des pros avant 17 heures le dimanche ! »…

 

Joker et joker !!

Puisque donc nous tentons d’écrire en sépia tout en scrutant l’horizon ovale de demain, allons jusqu’au bout ! C’est en regardant des matchs de très haut-niveau du printemps, la saison où tout explose et soyons honnêtes, le tout en pleine discussion d’apéro, qu’il nous est apparu l’évidence : le carton rose ! La puissance de Tuisova, la qualité de l’activité de Retallick, la justesse des interventions de Gourdon, le gaz de Dan Coles, la machine Itoje , et à l’époque la classe d’un Codorniou, la pénibilité d’un Rives (pour l’adversaire), les fulgurances d’un Nougailhon, le poing de Cholley, le bout carré de Romeu, le rugby de Monsieur rugby Jean Prat et j’en passe (sur un pas), ces gars et plein d’autres dans leur exercice favori, pouvaient déstabiliser l’équipe adverse à eux seuls. Ainsi, en autorisant à chaque équipe le droit au carton rose, véritable joker, l’équipe en question pouvait se permettre d’obliger un joueur adverse à dégager le phénomène pendant 10 minutes : « Monsieur l’arbitre, nous utilisons notre carton rose maintenant et nous vous demandons de sortir le 1 bleu pour 10 minutes » ! Eh oui, bien joué : mêlée 5 mètres, possibilité de marquer mais notre 3 clasquège du genou et grince des dents à chaque duel avec l’autre bestiasse ! Carton rose et hop, on peut peut-être s’en sortir ! Superbe non ? L’aspect stratégique du jeu en est décuplé, le capitaine se voit renforcé dans ses prérogatives. Et question « discussions de comptoir productives», ça peut faire marcher le commerce des cafetiers cette histoire…
En ce qui concerne le carton bleu, nous ne sommes pas certains de l’aval facile de World Rugby pour ce qui pourrait s’apparenter à un autre joker. Pourtant tout est parti d’un bon sentiment : on attendait des glaçons avec Larouille (ce n’est pas là le bon sentiment. Quoi que…), et nous débattions en nous réfounfougnant sur ces mêlées qui s’écroulent. Faut dire que le susnommé Larouille, talon de son état et chanteur des Astaious dans un état second, a vu plus de mêlées se relever à l’époque bien plus que de scrums effondrées de nos jours ! Et trinque que trinque, nous avons eu comme une révélation commune. Je ne sais plus si c’est en parlant du 4 de Lavardac du 5 de Rabastens de Bigorre ou du grand Mitche et de Dan Sellan qui avait cette propension à « passer le bras », mais c’était évident : il fallait opter pour le carton bleu !
– Monsieur l’arbitre : « oui capitaine noir ?… »
– Capitaine noir : « Monsieur l’arbitre, c’en est assez, nous demandons le carton bleu !! ».
– Monsieur l’arbitre : « accordé »
Et donc là (c’est peut-être à ce moment que les têtes pensantes du corps arbitral vont être prises de migraine ou de tremblements compulsifs), autorisation du coup de latte sur les 10 prochaines mêlées qui s’effondreraient ! La logique étant que si le type, gaucher ou droitier, parce qu’il a les côtes du talon dans ses coustelous ou le pilier droit parce que le gaucher gaillard lui fait voir les Pyrénées, a tendance à se laisser aller vers le bas avant pour ne pas souffrir (de honte), nous aurions «l’arme fatale » pour relever « le gonze » avant même qu’il n’arrive au sol !

 

Sûr que le regard bienveillant de l’arbitre aiderait à plus de volontés des belligérants afin d’éviter le pire… Et franchement côté public, avec l’ennui que procure certains matchs d’aujourd’hui, ça peut remettre un bon coup de sang et d’enthousiasme et ainsi éviter la fatigue et la lassitude des meilleurs supporters et donc éviter les … coups de pompe !!

 

Miga Latapi
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