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22 mars 2019

Brave heart

En »Brave heart », ne lisez pas « Braveheart », le film quasi éponyme de Mel Gibson qui retrace la vie de William Wallace, ce héros magnifique qui, au XIIème siècle, est le symbole de l’Écosse qui lutte pour son indépendance et combat donc l’Angleterre. Tout en arrangeant mon kilt, tout en réglant ma cornemuse,  je réfléchis vite fait … … … Finalement, lisez « Braveheart », ça fonctionne.

La version est plus contemporaine, plus ovale mais on retrouve en cette équipe le courage, le combat, la générosité et la volonté de défendre son identité. Andy Irvine, Gavin Hastings, Jim Calder, John Jeffrey et consorts, valeureux chevaliers d’une autre époque, vous pouvez être fiers de cette génération, elle vous ressemble, elle est l’Écosse !    

 

Brave heart


Le Tournoi des VI Nations 2019 ? Ok. Une équipe ? L’Écosse ! Un match ? Angleterre – Ecosse ! Une mi-temps ? La troisième La seconde de ce même match ! Un joueur ? Elémentaire mon cher : Watson ! D’aucuns auraient répondu dans le même ordre « France – France-Galles –  la 1ère de ce même France – Galles – et Dupont ! Mais ces réponses, gardons-les en mémoire et elles seront peut-être d’actualité dans un an ou deux … En attendant, gloire aux Écossais ! Car ce qui nous plaît chez eux, c’est …

 

… Leur hymne :

Cette réponse mérite-t-elle une explication ? Qui, un jour, a vécu à Murrayfield cet instant magique où sortent des entrailles du stade ces ondes magnifiques qui vous traversent le corps et le cœur …
https://www.youtube.com/watch?v=DG7Zizey43U

 

 … Leur seconde mi-temps contre l’Angleterre :

30 points à la mi-temps, Twickenham, des Anglais tout dans la maîtrise et vlam ! Une claque pour la perfide Albion avec des flowers of Scotland qui sentent bon le rugby total, généreux, juste. Les intentions sont les mêmes, l’intensité maintenue, les anglais deviennent hautains comme ils savent l’être parfois et le jusqueboutisme du XV du chardon renverse tout. C’est beau …

 

… Watson, ce William Wallace des temps modernes :

Jean-Pierre Rives en moins blond, Fergus Slaterry en moins irlandais et Jessie Jegerlehner avec un bandeau ! Il est le symbole de cette Ecosse qui refuse de subir et qui défie toute logique, qui fait que c’est toujours le plus grand et le plus fort qui a raison. Et il a raison l’Hamish Watson en question avec des duels gagnés et une notion du sacrifice qui rappelle les fiers chevaliers cités plus haut.

 

… L’extrait de chanson qui emplit les tribunes de Murrayfield après chacun de leur essai :

C’est lors de ma dernière cape à Edimbourg au début des années 1990 que je l’ai découvert. Un de mes coéquipiers d’infortune a même cru « voir la vierge » quand il a entendu les Proclaimers pour la première fois. Soyons clair, nous étions plus « cap’ » que « cape » et notre match démarrait soit la veille de l’officiel, soit tout de suite après. L’endroit n’était pas Murrayfield ni un autre terrain. Il était juste notre terrain de jeu nocturne où l’on refaisait le match en anglais (et même en français) très moyen. La chanson « I’m gonna be » clôturait la soirée du Frankenstein, cette ancienne église transformée en night club, en même temps que le monstre apparaissait pendu au bout d’une croix. Enfin, c’est le souvenir que j’en ai. A vérifier …
https://www.youtube.com/watch?v=tbNlMtqrYS0

 

… Leur capacité à rester eux-mêmes :

Des cons traiteront les Scottish de conquérants de l’inutile. Les trouvant sympas, voire distrayants. Ces mêmes cons, qui auront surement oublié aussi que les Ecossais auraient dû disputer la demi-finale de la Coupe du Monde 2015 sans une faute d’arbitrage (reconnue par World Rugby) de Craig Joubert lors de leur quart de finale contre l’Afrique du Sud …

Mais que nous aimerions, nous Français, susciter ne serait-ce que ça : l’empathie, au moins par notre générosité et notre panache ! Et qu’on nous aime à nouveau juste parce que nous serions des français, joueurs et entreprenants ! Et le tout en respectant ce que nous sommes : des mecs cap’ de pratiquer un rugby qui fait lever les stades avec des relances folles et des gestes improbables !

Au jeu de la rigueur absolue répétant sans cesse des automatismes de robots roses aux gueules carrées ingurgitant du pudding, nous ne serons jamais en haut de l’affiche ! Cultivons notre différence et, avec les incontournables du rugby moderne, « frenchflairisons » notre état d’esprit.

Et là …

« we gonna be » nous-mêmes !

« we gonna be des Français qui jouons et accessoirement … qui gagnons ! »

Miga Latapi

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2 réactions au sujet de « Brave heart »

  1. Jusque-là, les Ecossais n’avaient pas d’hymne propre. Le capitaine écossais le pilier David Sole répara cette anomalie en 1990 en demandant que soit joué pour la finale du tournoi 1990 ce chant. il y a des piliers mélomanes et même des piliers chanteurs.

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