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3 mai 2019

Annus horribilis

En lisant ce titre, les bons chez les moyens d’entre vous penseront à une faute de frappe. Les pas bons chez les moyens se seront fendus d’un « oh con putain t’as vu le titre de l’autre naze, « ‘sait vraiment plus de quoi parler ce blaireau » puis éructeront avant de descendre d’un trait un ersatz de Byrrh mal alambiqué avant de partir, la tête un peu dans leur séant, un peu dans le néant, vers le prochain troquet qui voudra bien leur servir à boire. Sus aux égarements avinés, rendons donc cet annus ovale ! 

 

Annus horribilis

 

De l’époque où le double projet études-rugby était la norme, des bons chez les très bons, forts de leurs années de latin en langue presque vivante, reconnaitront l’allocution latine ! En quoi et par quoi pouvons-nous parler « d’horrible année » alors ? Elle pourrait l’être d’office avec ces évènements qui ont terni notre discipline bien au-delà de l’aspect sportif. Mais si l’on en reste au terrain, au jeu, aujourd’hui « y a le printemps qui nous réveille et qu’on a le bonjour du printemps ! ». (Merci Michel Fugain).

Au printemps, se jouent les phases finales et des matchs à enjeu. Mais pas pour tous … Ainsi, s’il n’y a pas de printemps, c’est donc qu’il n’y a pas de matchs qui comptent. Ah … Mais c’est peut-être parce qu’on n’a pas assuré lors des matchs qui ne comptaient pas alors ? Mais … Mais ils comptaient finalement ces matchs là aussi ! Et donc même les matchs qui ne comptent pas comptent !

 

A peine une mi-temps …

Ben oui ! Alors on va faire simple : fais, de chaque match, un vrai rencard . De tous tes entraînements, une prep’ de rencards hypers supras importants.

Et de tes coéquipiers des frères ! A partager pour mieux avancer ! A s’engueuler pour mieux s’aimer !

Et être plus fort, allez plus haut et allez plus vite vers les petits bonheurs à vivre.

Mais pas de ces bonheurs faciles, tout faits, à consommer sur place ou à emporter !

Non, on parle là de ceusss où tout est à construire. Ensemble. Avec un appétit de lion !

Aujourd’hui, demain, dimanche, ce printemps, certains en seront, et sur le pré. D’autres regarderont leurs potes, privilégiés, entrer avec le masque vers 80 minutes d’une intensité incroyable. Toi tu le vivras, vraiment, parce qu’ils sont tes frères certes, mais un peu par procuration quand même. Alors qu’eux y croqueront à pleines dents 3 mi-temps durant. Pauvre de toi, pauvres de nous qui n’auront droit qu’à une seule …

 

Les promesses du crépuscule

Bordel, vivement la réunion d’avant saison prochaine pour des promesses à tenir ! Vivement le premier match pour des actes partagés, des promesses tenues d’un niveau à nul autre pareil au crépuscule de la saison en cours.

Que tu passes à la télé, que tu aies 16 ans et la connerie en plein ou que tu joues chaque dimanche sur le terrain de ton village de toujours, c’est pareil !

En fonction de ton niveau, et parce que tu t’entraînes 17 fois par semaine, ta vitesse peut changer, ce que tu soulèves à la muscu diffère, ton « salaire » n’a pas le nombre de zéros au bon endroit (pour toi s’il y a en a beaucoup c’est qu’ils sont avant le nombre qui compte) ou ta bobine sur Canal est au mieux hyper rare et dans le public derrière les yeux d’Isabelle ou la barbe de Chabal.

Mais pour les émotions vécues entre potes, le curseur est au même niveau, que tu sois Black en campagne pour être champion du monde au Japon ou noir en 3ème mi-temps débridée dans ton club de campagne !

 

Parfois ces émotions peuvent être inversement proportionnelles au level, qu’il soit high or not.

Alors l’exigence de tous les instants que tu montres à chaque troisième mi-temps, pour que celle-ci soit divinement bonne, place-la aussi dans les deux premières va, fais-moi plaisir … Fais-toi plaisir, fais plaisir aux gens bordel ! Et d’une année de rien, construis-toi aujourd’hui et pour demain une saison « de tout », un présent pour le présent et des souvenirs à jamais !

Et là … et là papa … l’annus mirabilis est là. Pauvre John Dryden, citer son poème ici dans cette pauvre chronique à 2 € ; s’il savait, pauvre sujet de sa majesté, que j’hésite à le mettre à l’aile avec Michel Fugain ou en seconde ligne avec Jean Pierre Marielle …

Un Jean Pierre Marielle, avec sa voix de seconde ligne de devoir qui aurait pu déclamer :

« Quand au bout du bout l’annus mirabilis te sourit, alors c’est que tu t’es construit ton paradis ».

 

 

Miga Latapi

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