Rugby sHop
25 janvier 2019

A quel moment ça a merdé ?…

Chaque fin janvier ça me le fait. Je ne sais pas vous mais dès que le Tournoi approche, j’ai envie de vrai, de fort, d’authentique !  Alors je pars dans tous les sens en parlant fort, en « brasséjeant » à tout va, quelques jurons bien sentis comme ponctuation et même un pet de patois au milieu en savourant un bon pied de cochon à la mode landaise !… Ainsi entre cette équipe des « All Blacks originals » de 1905 et ce Tournoi 2019, il s’en passé des ballons. Alors à quel moment sont-ils tombés du mauvais côté ?… ‘ Pas grave, avançons ! Et « méfie » si tu penses que j’ai tort …

 

A quel moment ça a merdé ?…

 

Dernièrement, je m’appliquais à ne rien faire avec un entrain redoutable. Et de pensées ovales en rebonds -de l’esprit- capricieux, j’ai eu comme l’impression d’avoir un ballon glissant dans le chapeau que je ne pouvais maitriser. Un de plus  …

Les principes du rugby et son évolution tiennent prioritairement de trois socles : la sécurité, l’équité et le spectacle. En regardant les excès de tout ordre en termes de formes de jeu, d’évolution (liée) du physique des joueurs et de spectacle proposé, il est certain qu’on peut se demander « à quel moment ça a merdé » …

 

Ainsi, sans dogmatisme aucun, je cherche des axes qui pourraient servir la cause, à la fois sur le plan du jeu, mais aussi plus globalement sur une vision du système différente qui saurait garder de l’évolution actuelle les éléments positifs. Mais au lieu d’en faire une fin en soi, l’idée serait de placer ces évolutions techniques, physiques, technologiques, dans un cadre défini qui tiendrait compte prioritairement de la singularité du rugby : ce jeu absolument collectif a besoin de profils différents pour créer et utiliser les espaces. Cette vérité existera d’autant plus que l’affect sera fort (je n’ai pas écrit « extrême »), qu’il servira la cause au point, à potentiels égaux, de faire la différence.

 

Pensons les trois axes suivants différemment :

Transmettre et chercher des intervalles et non pas détruire

On parle là de jeu. Le physico-physique semble atteindre ses limites. La notion de spectacle ne peut se suffire que dans un combat fermé et individuel opposant le fort au fort. La vérité même du 1 contre 1 n’est à concevoir que dans l’action collective et non pas comme une fin en soi. Sans parler de la référence absolue que sont les All Blacks (quasiment de toutes époques confondues), aujourd’hui des techniciens, des clubs, des équipes nationales décident d’aller en ce sens avec des initiatives individuelles répondant obligatoirement à un référentiel commun qui bannit la -très –  trop- basique et simpliste puissance. La puissance oui, mais à condition qu’elle serve la vitesse du jeu et non la destruction de l’adversaire « stricto -idiot- sensu » !

 

Avancer ensemble et non pas chercher à améliorer ses statistiques individuelles

A mi-chemin entre le terrain et la philosophie de l’équipe (du club !), il semble qu’une démarche plus profonde, ancrée dans « un esprit club dominant » renverrait à une référence collective favorisant le sentiment d’appartenance à un groupe, une tribu. En découlerait un code, des comportements, une certaine vision de l’engagement de chacun par lesquels l’ADN du club deviendrait la référence, la ligne directrice. Et là seulement les différences de chacun s’exprimeraient dans un intérêt collectif visant à placer son nombril au même endroit que son ego, c’est-à-dire dans son c…

De fait, la performance individuelle serait seconde. Pas secondaire mais seconde, eu égard à la priorité de « jouer pour les autres », « être meilleur par les autres ».

 

Construire et partager des moments forts et non pas viser un carriérisme obligatoirement outrancier

Si l’on part du précepte que la victoire est une conséquence, l’idée première est d’avancer bien en amont du temps de jeu, à une communion la plus forte possible entre l’ensemble des composantes du groupe. Ainsi, l’aspect social de l’investissement de chacun pourrait devenir un élément fondateur de la performance « pendant ». « Je » est important car il m’oblige à « jouer mon rôle, tenir mon rang ». Mais le « nous » est au-dessus de tout. Ainsi, pour parler vrai, « oui je vais m’y filer comme un con, mais pour lui avec qui je joue et qui est comme un frère. Pour lui qui nous coache avec passion et qui partage tout. Et pour lui qui se dévoue corps et bien et ne vit que par nous interposés » !

 

Alors à quel moment les intérêts sont-ils devenus déviants et divergents sur ce qu’est aujourd’hui la face visible de « l’iceberg Rugby » ? Et pourquoi a-t-elle perdu de sa pureté, de son naturel, de son authenticité ? Faut-il s’en foutre ? Faut-il se noyer dans une nostalgie plus sombre encore qu’un jeudi d’enterrement d’un des tiens dans ton village ? Bordel que non !

 

Et ce pour deux raisons. Parce que tout d’abord, plus bas, là où la masse s’exprime dans la boue au travers d’éclairages incertains (double sens …), ça grouille d’énergie et de sentiments positifs. Les gamins rient ballon sous le bras, les joueurs sont potes au-delà de tout et les éducateurs et entraineurs « vivent rugby », la passion comme salaire. Et ils sont riches !

Enfin, parce que la connerie a ses limites et que nos hauts dirigeants vont bien un jour se souvenir que le rugby est un jeu et qu’il rend bien meilleurs les Hommes qui le pratiquent ou ceux qui adhèrent à son état d’esprit.

L’état d’esprit originel s’entend …

 

Miga Latapi

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